La Fédération automobile ukrainienne (FAU) a saisi le comité d’éthique de la FIA d’une plainte officielle, accusant la Fédération automobile russe (RAF) d’enfreindre les statuts de la discipline en maintenant des bureaux en Crimée, Donetsk et Zaporijjia.

Une plainte fondée sur les statuts de la FIA
La FAU invoque l’article 3.3 des Statuts de la FIA et l’article 1.4.1 du Code Sportif International, qui stipulent qu’une seule autorité sportive nationale (ASN) peut être reconnue par pays, avec une compétence couvrant l’ensemble du territoire national. En opérant depuis des zones reconnues par l’ONU comme ukrainiennes, la RAF violerait ces règles.
Oleksandr Feldman, président de la FAU, a demandé l’ouverture « immédiate » d’une enquête et la fermeture des bureaux russes, dénonçant une « violation manifeste » des statuts de la FIA.
Contexte géopolitique et sport automobile
En août 2022, la FIA avait levé les restrictions qui empêchaient les pilotes russes et biélorusses de concourir sous leur drapeau national, tout en maintenant l’interdiction d’organiser des courses sur le sol de ces pays. La décision avait permis à Robert Shwartzman de courir sous drapeau israélien, et à Daniil Kvyat ou Nikita Bedrin d’obtenir des licences italiennes.
Cette flexibilité n’a toutefois pas empêché l’Ukraine de contester la présence institutionnelle russe dans ses régions occupées, rappelant que le Grand Prix de Russie a été annulé en 2022 après la rupture du contrat par la FIA.
Sanctions déjà appliquées aux dirigeants russes
La plainte souligne que les dirigeants de la RAF, dont son président Boris Rotenberg, figurent sur les listes de sanctions américaines, britanniques et européennes depuis le déclenchement de l’invasion en 2022, renforçant l’argument de l’UE selon lequel leur présence en Ukraine constitue une infraction supplémentaire.
En plus de la demande de fermeture des bureaux, la FAU réclame des sanctions disciplinaires contre la RAF, afin de garantir l’unicité de l’ASN ukrainienne sur l’ensemble du territoire reconnu internationalement.
Si la FIA décide d’appliquer les mesures demandées, la situation pourrait redéfinir le cadre de légitimité des fédérations sportives nationales dans les zones de conflit, et rappeler que la souveraineté territoriale reste une condition sine qua non à la reconnaissance internationale.