Genesis Hypercar : un pari d’ambition dans le WEC
Genesis Hypercar, la première entrée de la gamme de luxe de Hyundai dans le championnat du monde d’endurance, a fait parler d’elle en ouvrant, en moins de douze mois, une base technique à proximité du Circuit Paul‑Ricard, un geste rare pour un constructeur alors méconnu du grand public.
Une infrastructure pensée comme vitrine
Le choix d’implanter l’usine à côté du circuit n’a pas seulement servi de logistique ; il a été conçu comme un argument de recrutement, offrant aux ingénieurs en provenance de Porsche, Ferrari ou d’autres géants une preuve concrète de l’ambition de Genesis.
« Lorsque l’on doit attirer des chefs d’équipes vers une marque inconnue, disposer d’un site qui reflète nos exigences et notre pragmatisme devient indispensable », a expliqué le directeur de l’équipe, Cyril Abiteboul, lors du 24 heures du Mans.

Le bâtiment, situé à quelques minutes des installations d’Oreca, partenaire du châssis, bénéficie d’accès aéroportuaires et de solutions logistiques optimisées, deux critères cités par Abiteboul comme déterminants pour le recrutement d’un « très bon groupe humain ».
Stratégie digitale et engouement mondial
Au-delà de la piste, Genesis mise sur le programme Hypercar comme levier marketing : les réseaux sociaux génèrent, selon Abiteboul, le troisième taux d’engagement parmi les marques du sport automobile, dont une moitié provient de la Corée du Sud.
- 450 invités, quasi exclusivement sud‑coréens, ont assisté à l’accueil du week‑end du Mans.
- Une structure d’hospitalité, plus petite que celle de Ferrari mais supérieure à la moyenne, a renforcé la visibilité de la marque auprès d’un public exigeant.
Le pilote Mathieu Jaminet, qui pilote la Genesis n°19, souligne l’impact des contenus vidéos et des publications ciblées : « les fans tapent désormais « Genesis » sur Google ou ChatGPT pour comprendre notre identité ». Il ajoute que le design distinctif de la GMR‑001 et son identité sonore, rappelant le rallye, créent une base de fans solide.

Les premières concessions routières, dont une implantation prévue en région parisienne, permettent à la marque d’étendre sa visibilité au-delà du monochrome du paddock.
Le défi coréen : créer une culture automobile
Genesis ne cherche pas seulement à s’imposer à l’international ; le programme Hypercar sert également de catalyseur pour développer la culture du sport automobile en Corée du Sud, un marché peu familiarisé avec le Mans ou le WEC.
« Le Japon bénéficie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale de marques qui inspirent la performance ; la Corée doit encore construire cette histoire », rappelle Abiteboul, soulignant la dualité des objectifs : notoriété globale et ancrage local.
En rendant la présence de la marque visible lors d’événements majeurs, Genesis vise à inspirer une génération de jeunes passionnés, à promouvoir le tuning et à placer la performance au cœur du discours automobile coréen.
Le son distinctif et les perspectives fan
La caractéristique acoustique de la GMR‑001, décrite par Jaminet comme « un timbre qui se rapproche du rallye », représente un avantage sensoriel rare dans le panthéon des prototypes ; cela attire l’attention des spectateurs, notamment lors des virages Ford et des esses Porsche du circuit du Mans.
Cette singularité sonore, combinée à une esthétique hors du commun, promet d’alimenter les recherches en ligne et d’augmenter progressivement le nombre d’adeptes, à mesure que les voitures feront leur apparition dans les rues françaises et coréennes.
En consolidant à la fois une base technique de pointe et une stratégie de communication percutante, Genesis Hypercar transforme son statut d’inconnu en une menace concrète sur le calendrier du WEC.