Selon une étude de UKG, la Coupe du monde 2026 pourrait coûter aux entreprises mondiales près de 14 milliards d’euros de productivité perdue, soit l’équivalent de 17 milliards de dollars.
Chiffres clés et répartition par pays
UKG a interrogé 8 000 salariés dans huit nations qualifiées, dont les États‑Unis, l’Allemagne, le Royaume‑Uni, la France, l’Australie, le Canada, le Mexique et les Pays‑Bas. Les résultats montrent une concentration majeure de pertes aux États‑Unis, qui dépassent les 10 milliards d’euros.
| Pays | Perte (dollars) | Perte (euros) |
|---|---|---|
| États‑Unis | 11,7 milliards | 10,1 milliards |
| Allemagne | 1,34 milliard | 1,15 milliard |
| Royaume‑Uni | 912 millions | 783 millions |
| France | 749 millions | 645 millions |
| Australie | 653 millions | 560 millions |
Le Canada, le Mexique et les Pays‑Bas complètent le top‑huit, avec des pertes oscillant entre 317 et 411 millions d’euros.
Absence et présentisme : le risque pour les entreprises françaises
Les horaires décalés du groupe I – Sénégal, Irak, Norvège – imposent des matchs à 21 h ou 23 h, limitant le sommeil mais intensifiant la tentation de suivre les rencontres nocturnes. UKG estime que 26 % des salariés français pourraient manquer une partie de leur journée de travail, en arrivant en retard, en partant plus tôt ou en s’absentant complètement.
L’impact s’étend au présentisme : 28 % des travailleurs tricolores déclarent qu’ils travailleront en état de fatigue ou d’épuisement, et 10 % envisagent même de se présenter « gueule de bois » le lendemain d’un match. Suresh Vittal, directeur produit chez UKG, rappelle que ces phénomènes “réduisent la productivité, altèrent l’expérience client et imposent aux équipes restantes de compenser les effectifs manquants”.
Stratégies des salariés : congés, flexibilité et risques de turnover
Face à ces perturbations, 33 % des répondants prévoient de poser au moins une journée de congé pendant le tournoi. Un tiers (37 %) espère aménager son planning, tandis que 18 % envisagent de visionner des résumés de matchs pendant les heures de travail.
Le climat social se durcit : 20 % des salariés français affirment qu’ils seraient prêts à chercher un nouvel emploi si leurs horaires de travail entraient en conflit avec leurs obligations de supporter la Coupe du monde. Cette attitude reflète la priorité accordée à l’événement sportif, même aux dépens de la stabilité professionnelle.
Enjeux pour les employeurs et perspectives d’adaptation
Les entreprises devront repenser leurs politiques de flexibilité, anticiper les pics d’absence et instaurer des dispositifs de suivi de la performance afin d’atténuer les pertes estimées à plusieurs centaines de millions d’euros par pays. La capacité à offrir des options de télétravail, des horaires modulables ou des bonus de présence pourrait constituer des leviers pour maintenir la productivité pendant l’été 2026.
Alors que les tribunes se remplissent et que les écrans s’allument à chaque coup de sifflet, la réalité des chiffres montre que le plus grand défi de la Coupe du monde réside moins sur le terrain que dans les bureaux mondiaux.