La domination de trois années consécutives de Ferrari aux 24 Heures du Mans s’est achevée en 2026, la Scuderia s’arrêtant cinquième, à plus de deux minutes du vainqueur Toyota GR010 Hybrid n° 8.
Ferrari sacrifiée par une Balance de Performance défavorable
Mauro Barbieri, responsable de la conception chez Ferrari, a décrit le plafond de performance comme « déséquilibré », laissant entendre que le réglage BoP (Balance of Performance) appliqué au Mans désavantageait le 499P.
Conformément au règlement, le constructeur n’a pas pu préciser les paramètres exacts du BoP, restés confidentiels après la journée d’essais où la supériorité des sept voitures placées devant la Scuderia était déjà visible.
Déroulement de l’épreuve : performances et incidents
La Ferrari 499P n° 51 pilotée par Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi a maintenu une course sans incident majeur, sauf un bref drive‑through imposé après un contact avec une LMP2 à la cinquième heure.
En revanche, la 499P n° 50 a subi une panne d’extincteur obligeant un arrêt prolongé, tandis que la Ferrari n° 83 d’AF Corse, éliminée dès les qualifications, a remonté jusqu’en septième grâce à un ravitaillement éclair et à la ténacité de Robert Kubica, Phil Hanson et Yifei Ye.
Analyse technique : où la Scuderia a perdu du temps
Barbieri a souligné que la perte de temps provenait essentiellement des virages lents, la voiture affichant une vitesse de pointe correcte mais un temps au tour insuffisant pour tenir tête aux leaders.
Les essais multiples de configurations de pneus – doubles et triples relais, changement de gommes selon les périodes du jour – n’ont pas permis de combler l’écart, la différence restant « trop importante » pour être réduite par le réglage.
Stratégies et comparaisons avec les concurrents
Toyota a exploité un undercut efficace grâce à une vitesse constante en air libre, une option que la Ferrari n’a pas pu répliquer faute de rythme suffisant dans le plateau.
Barbieri a précisé que l’équipe a tenté d’utiliser l’aspiration des concurrents pour gagner du temps, mais les déplacements en ligne droite n’ont pas suffi à compenser les pertes dans les sections serrées.
Selon lui, la Ferrari se situe « quatrième ou cinquième force », évoluant sur un même groupe que l’Alpine, dont le rythme a été similaire jusqu’aux dernières heures.
Perspectives pour Ferrari après le Mans 2026
Malgré la cinquième place, la Scuderia estime avoir réalisé une « exécution parfaite » compte tenu du plafonnement imposé, la performance étant jugée le meilleur résultat possible sous ces conditions.
Les enseignements tirés – notamment l’optimisation des virages lents et la nécessité d’une plus grande flexibilité stratégique – guideront les ajustements de la 499P pour la prochaine saison hypercar.
Le Mans 2026 a montré que, même avec une puissance en ligne droite respectable, la perte de temps dans les secteurs critiques peut coûter le podium à la légendaire Scuderia.