Philippe Sinault, figure emblématique d’Alpine, pilote le dernier A424 au Mans 2026
À l’entrée de la nouvelle édition des 24 Heures du Mans, le vétéran de 60 ans dirige le programme Hypercar d’Alpine, conscient que la saison 2026 marquera la fin de l’engagement de la marque en endurance.
Une quinzaine d’années au service de l’endurance française
Fondateur de l’équipe Signatech, Sinault a bâti, depuis 2009, une structure capable de rivaliser avec les meilleures équipes internationales, jusqu’à l’accès à la catégorie Hypercar dès 2023.
Son implication s’est traduite par une progression technique constante, aboutissant à la mise au point du prototype A424, aujourd’hui considéré comme le plus abouti présenté par Alpine au Mans.
Le package A424 : maturité retrouvée
Après deux saisons jugées “décevantes” en raison d’un manque de connaissance du véhicule, le pilote explique que le travail d’évolution a permis d’atteindre une compréhension complète du comportement de la monoplace.
« Nous disposons maintenant d’une vraie carte à jouer », précise-t-il, tout en reconnaissant que l’équipe n’est pas la favorite, mais estime que la combinaison technique et sportive est la plus aboutie jamais présentée sur le circuit du Mans.
En quête d’un futur partenaire technique pour 2027
Parallèlement à la compétition, Sinault mène des discussions afin de sécuriser un nouveau constructeur qui reprendrait le flambeau Alpine dès la saison suivante, un dossier qu’il juge prioritaire malgré les contraintes de calendrier.
Il affirme que la motivation de l’équipe resterait inchangée, que la performance dépendra du travail fourni en amont, et que la réussite future repose sur la capacité à livrer une « bonne copie » du travail actuel.
Les exigences d’une épreuve de légende
Le pilote décrit le Mans comme une « machine à rêves », dont la difficulté réside dans la synchronisation parfaite de chaque aspect du projet, de la préparation physique à la gestion énergétique de l’équipe pendant les quinze jours de compétition.
Il insiste sur le fait que la dureté de l’épreuve est souvent sous‑estimée et que la clé réside dans la capacité à maintenir un niveau d’engagement constant sans épuiser les ressources humaines.
L’esprit collectif au cœur du programme
Pour Sinault, le succès ne se mesure pas uniquement aux résultats, mais à la qualité du partage entre les membres du groupe, soulignant l’importance de se regarder mutuellement à la fin de chaque journée pour apprécier le travail accompli.
Cette approche collaborative, il l’espère, demeurera l’héritage le plus marquant de l’aventure Alpine au Mans, bien au-delà du retrait de la marque de la discipline.
Alors que les 24 Heures s’apprêtent à prendre fin, la dynamique instaurée par Sinault pourrait bien servir de référence pour les futures équipes cherchant à allier performance technique et cohésion humaine sur le légendaire circuit du Mans.