À la suite de l’abandon nocturne du projet Fifa Forward Enterprise, Gianni Infantino a convoqué une réunion d’urgence ce mercredi matin à Salé, au complexe Mohammed VI, afin de rencontrer les hauts responsables de la FIFA au siège africain.
Abandon du projet FFE et ses répercussions financières
L’initiative, qui visait à transformer la FIFA en une société commerciale en ouvrant son capital à des investisseurs privés – notamment le fonds Thrive Eternal dirigé par Joshua Kushner – prévoyait une levée de fonds de 4,2 milliards de dollars, censée être redistribuée aux 211 fédérations membres.
Infantino avait pourtant insisté sur le contrôle total de la FIFA sur la nouvelle entité, avant que la décision ne soit rétractée dans la nuit de vendredi à dimanche, quelques jours seulement après son annonce officielle.
Départs et tensions au sein de la haute administration
Le rejet du plan a déclenché une vague de désaveux : Carlos Cordeiro, bras droit d’Infantino, a démissionné publiquement avant même l’annonce de l’abandon, dénonçant le manque de concertation.
Kevin Lamour, directeur général, et Mattias Grafström, secrétaire général, se sont également distancés, le second ne mentionnant plus Infantino dans une lettre adressée aux salariés.
Des fédérations européennes et concacafiennes ont envoyé des courriers réexaminant leur soutien à l’élection prévue en 2027, tandis qu’Arsène Wenger a exprimé ses réserves vis‑à‑vis du projet.
Enjeux de l’élection 2027 et perspectives géopolitiques
Alors que la réélection d’Infantino pour un troisième mandat en 2027 semblait assurée, la réunion de Salé intervient avant le grand congrès de Rabat prévu en mars 2027, amplifiant l’incertitude quant à la pérennité de son mandat.
Le choix du Maroc, co‑organisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, renforce l’enjeu diplomatique de cette rencontre, où la FIFA devra reconstituer son cercle de confiance avant le vote décisif.
Infantino demeure pour l’heure le seul candidat déclaré, mais l’érosion de son soutien interne laisse présager un scrutin plus disputé que prévu.