Ligue 1 : réactions des présidents au vote du projet de loi sur la réforme du sport pro

Ligue 1: comment les présidents accueillent le vote du projet de loi sur la réforme du sport professionnel?
Ligue 1: comment les présidents accueillent le vote du projet de loi sur la réforme du sport professionnel?

Adoption de la loi sport professionnel à l’Assemblée

Le texte de réforme du sport professionnel a été adopté lundi avec 75 voix favorables contre 2 opposées, ouvrant la voie à une possible modification lors de la commission mixte du 8 juillet.

Réactions opposées des présidents de clubs

Jean‑Michel Roussier, président du Havre, a salué le vote comme « un bon pas en avant », tandis que Pierre Ferracci, à la tête du Paris FC, a souligné que la transformation en société commerciale, inspirée du modèle anglais, était désormais « une nécessité ». En revanche, Loïc Fery, président du FC Lorient, a qualifié la mesure d’« inacceptable », affirmant que la majorité des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 s’y opposait.

Olivier Létang, président de Lille, a rejoint Fery en dénonçant le texte, le qualifiant de « frein monumental pour le sport professionnel ». Les deux dirigeants estiment que tout entrepreneur avisé aurait déjà rejeté une telle loi.

Controverses sur la rémunération et la multipropriété

Le plafonnement à 12 000 € brut mensuels des dirigeants de fédérations a suscité la plus vive critique : pour Fery, « recruter un talent compétent à ce niveau de salaire est irréaliste », rappelant que les dirigeants européens perçoivent généralement trois fois ce montant.

Parallèlement, l’interdiction stricte de la multipropriété, appliquée aux clubs non encore concernés, a déclenché l’indignation de Fery, qui compare la mesure à une exclusion du marché européen. Il argumente que la France se prive d’investissements capables de financer des infrastructures et de créer des emplois, surtout dans un contexte de droits TV en chute.

Selon Roussier, une régulation européenne, et non un verrou français, serait préférable ; Ferracci ajoute qu’une balance doit être trouvée entre attraction de talents et acceptabilité publique.

Diffusion télévisée et pouvoir élargi de la DNCG

L’amendement visant à instaurer un match en clair chaque semaine a été écarté, jugeant que cela alourdirait davantage la pression sur les droits audiovisuels déjà historiquement bas. Roussier et Ferracci se sont accordés sur le fait que la diffusion actuelle doit être préservée.

Le texte confère à la DNCG de nouveaux attributs pour donner son avis sur les acquisitions de clubs et, potentiellement, s’opposer à certaines ventes. Roussier considère cette évolution comme « prudemment acceptable », à condition que les critères d’opposition soient clairement définis.

Prochaine étape : la commission mixte du 8 juillet

Ferracci prévoit de repasser sur le plafond salarial lors de la commission, espérant un compromis qui permette d’attirer des dirigeants qualifiés sans choquer l’opinion publique. De son côté, Fery anticipe une confrontation accrue avec les représentants législatifs pour défendre les intérêts des clubs.

Le débat reste ouvert sur la place de la multipropriété, la gouvernance des instances sportives et le modèle économique du football français, des thèmes qui façonneront le futur paysage du sport professionnel.

La prochaine séance de la commission mixte définira si la loi sport professionnel évoluera vers un cadre plus flexible ou restera ancrée dans les restrictions actuelles.