Laura Müller devient la première femme ingénieure de course à intégrer le paddock de Formule 1
En 2025, Haas annonce la nomination de Laura Müller comme ingénieure de course aux côtés d’Esteban Ocon, brisant ainsi une barrière de genre jamais franchie dans l’histoire du championnat mondial.
Des débuts sur le muret des stands à une prise de responsabilité totale
Initialement recrutée comme ingénieure performance, Müller a vu son rôle évoluer rapidement, jusqu’à occuper le siège de race engineer dès le premier Grand Prix de la saison. Pendant les douze premiers mois, l’équipe américaine a limité les sollicitations médiatiques afin qu’elle puisse se concentrer sur la configuration du monocoque et les stratégies de course, conformément à sa préférence pour le travail discret.
Son intégration a suscité un engouement inattendu : avant même l’annonce officielle, des milliers de messages provenant de fans et de journalistes l’ont déjà repérée, générant une pression supplémentaire que Müller décrit comme « un peu effrayante ».

Première apparition officielle
Lors de la Journée internationale des femmes ingénieures, le 23 juin, plusieurs écuries ont relayé l’information sur leurs réseaux. Laura Müller a accordé à Formula 1 un entretien détaillé, rappelant qu’elle s’attendait à un simple encart dans un magazine spécialisé, loin du retentissement mondial qu’a finalement connu son recrutement.
Modèles féminins et visibilité accrue dans le paddock
Le parcours de Müller s’inscrit dans un contexte où les figures féminines restent minoritaires. Elle cite Leena Gade, première femme ingénieure de course à remporter les 24 heures du Mans en 2011, comme source d’inspiration, même si leur rencontre s’est limitée à un bref échange.
« Il n’y avait pas beaucoup de modèles », explique-t-elle, soulignant l’importance croissante de la présence féminine à la télévision, à la radio et sur les podiums, qui rend désormais le secteur plus accessible aux jeunes filles.
Un virage d’Australie baptisé à l’honneur de deux ingénieures
En mars, lors du Grand Prix d’Australie, le virage 6 du circuit d’Albert Park a été rebaptisé « Müller‑Schmitz » pour honorer Laura Müller et Hannah Schmitz, stratège en chef de Red Bull. Les deux professionnelles, peu enclines à la notoriété, ont toutefois accueilli ce geste comme une reconnaissance tangible de leur métier et de ses possibilités.
« J’ai accroché le cadre chez moi, c’est très motivant », confie Müller, ajoutant que ce type d’initiative met en lumière la diversité des carrières offertes par le sport automobile.
Conseils d’une pionnière : ne laissez personne freiner vos ambitions
Le message central de Müller à l’attention des jeunes femmes qui aspirent à l’ingénierie est sans nuance : « N’acceptez les conneries de personne. Si vous visez un objectif, poursuivez‑le sans vous laisser détourner ». Elle rappelle également que l’on peut réorienter son parcours à 21 ans, sans besoin de décision précoce.
« Je n’ai jamais abandonné mon rêve de rejoindre la F1, même en envisageant d’autres options. La clé réside dans la conviction personnelle et la persévérance face aux doutes extérieurs », conclut‑elle.
Alors que le championnat avance, l’impact de Laura Müller se mesure à chaque décision prise sur le muret, symbole d’une évolution durable du sport‑moteur vers une réelle inclusion.
