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Incendies à Fontainebleau : près de 40 % des grimpeurs d’escalade contraints d’attendre

"Près de 40% des grimpeurs à Fontainebleau pratiquaient sur ces sites": après les incendies, les passionnés d’escalade condamnés à patienter

Les incendies survenus en juillet ont carbonisé 2 000 ha du massif de Fontainebleau, réduisant à des cendres 65 ha de blocs d’escalade et entraînant une interdiction d’accès jusqu’au 14 août.

Une forêt transformée en paysage cinématographique

Le sous-bois, jadis verdoyant, n’est plus qu’une vaste étendue de cendres, de troncs noircis et de rochers calcinés. Aucun randonneur, grimpeur ou animal ne franchit les limites, la zone restant officiellement fermée par une succession d’arrêtés préfectoraux.

Le plan B de Jo Montchaussé, 50 ans d’expérience

À moins de deux kilomètres de la zone sinistrée, le grimpeur de renom Jo Montchaussé observe les flammes depuis sa résidence à Barbizon. « Voir les lueurs près de chez moi a été un choc », confie‑t‑il, rappelant que l’escalade constitue son oxygène quotidien. Refusant d’interrompre son entraînement, il a réactivé le mur d’escalade installé dans son jardin pendant la pandémie, une solution de substitution qui, selon lui, ne remplace pas la sensation de grimper en pleine nature. Pour diversifier son entraînement, il parcourt plusieurs kilomètres jusqu’aux blocs de Beauvais‑Nainville, dans l’Essonne.

Caractéristiques uniques des blocs de Fontainebleau

  • Granit sableux procurant des prises aux textures très variées.
  • Signalisation couleur : chaque circuit possède une teinte distinctive, facilitant la progression par niveau de difficulté.
  • Mix d’ombre sous les pins et d’exposition directe, créant des conditions climatiques contrastées à un même point.
  • Plus de 15 000 blocs répartis sur plusieurs centaines d’hectares, accessibles aux pratiquants de tous niveaux.

Impacts écologiques et délai de réouverture

Selon Sophie David, responsable du service environnement de l’ONF, près de 40 % des grimpeurs franciliens fréquentaient les sites de Fontainebleau avant le sinistre. La priorité de l’Office est désormais de sécuriser les aires touchées : abattre les arbres morts, lutter contre l’érosion, stabiliser les blocs afin d’éviter tout basculement. Un délai minimal d’un an est envisagé avant toute réouverture officielle, période durant laquelle le balisage sera revu et les résidus de cendres nettoyés.

Jo Montchaussé estime que les rochers ont majoritairement survécu et espère une levée des restrictions « avant la fin du mois », tout en reconnaissant que « un an sans escalader ces blocs reste exceptionnellement difficile ».

Suivi scientifique et perspectives

La semaine prochaine, l’ONF et Jo Montchaussé analyseront conjointement une zone brûlée afin de quantifier les dommages géologiques. Les résultats guideront les mesures de stabilisation et préciseront le calendrier de réouverture.

En attendant, la communauté d’escalade reste suspendue entre l’attente d’un retour sécuritaire et la recherche de solutions de rechange, soulignant la résilience du sport face aux catastrophes naturelles.

Incendies à Fontainebleau : près de 40 % des grimpeurs d’escalade contraints d’attendre
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