Honda peine à retrouver le rythme imposé par Ducati et Aprilia à la mi-saison du MotoGP 2024, une faiblesse constatée tant par Luca Marini que par son co‑équipier Joan Mir.
Performance de Honda : un recul perceptible
Après une première moitié de campagne moins éclatante que l’an dernier, la marque japonaise occupe désormais la catégorie D des concessions, signe d’un affaiblissement des performances brutes malgré l’absence de blessure majeure chez les pilotes.
Le bilan chiffré témoigne du manque de constance : aucun podium pour Marini, meilleur résultat individuel à la cinquième place en Hongrie, et une moyenne de classement autour de la neuvième place.
« Nous étions régulièrement parmi les huit premiers l’an passé, avec un potentiel exploité à 100 % ; aujourd’hui le top‑8 nous échappe même à pleine capacité », a déclaré le pilote italien.
Luca Marini : entre frustrations et perspectives
Meilleur classé des Honda, Marini reconnait une progression par rapport à la saison précédente, mais estime que le gain en pourcentage égale celui des concurrents, laissant les places du top‑8 largement occupées par Ducati et Aprilia.
« Le manque de virage nous freine, surtout sur des circuits rapides comme le Sachsenring », a-t‑il expliqué après le Grand Prix d’Allemagne, où il a fini six secondes derrière le vainqueur mais deux rangs derrière l’an passé.
Il plaide pour un compromis technique avant la fin de l’année, afin que les pièces développées puissent également servir la future moto 2027.
Défis techniques et manque de développements
Alors que les rivaux concentrent leurs efforts sur la future 850 cc, la RC213V 1000 cc de Honda ne voit plus aucune évolution majeure, un facteur qui pourrait accentuer le fossé technique dans la seconde moitié de la saison.
« Nous exploitons notre package à 150 % mais n’avons aucune amélioration substantielle à introduire », a confié Joan Mir, soulignant la réalité partagée avec son co‑équipier.
Une possible injection de pièces « transitionnelles » pour 2024, compatibles avec la plateforme 2027, reste envisagée mais n’est pas garantie.
Développement vers la règle 2027
Le passage inévitable à la 850 cc de 2027 s’accélère, et les ingénieurs Honda semblent déjà orientés vers ce nouveau cahier des charges, reléguant la 1000 cc actuelle à un rôle de plateau d’essai limité.
Marini a insisté : « Si une innovation peut être testée dès maintenant et servir le projet 2027, pourquoi la retarder ? »
Cette approche pourrait offrir des données précieuses tout en améliorant les performances immédiates, à condition que les partenaires techniques acceptent de mobiliser les ressources nécessaires.
Perspectives de Joan Mir et avenir de l’équipe
Conscient que son départ vers Ducati à la fin de la saison le prive de profiter du développement de la moto 850 cc, Mir reste prudent quant aux évolutions à court terme.
« Certaines pistes nous conviennent mieux que d’autres ; si le circuit n’est pas favorable, les résultats resteront limités », a-t‑il ajouté, rappelant la nécessité d’un accompagnement technique immédiat.
En dépit de ces inquiétudes, les deux pilotes affirment leur volonté de maximiser chaque week‑end, même si la huitième place actuelle ne reflète pas leurs ambitions.
Alors que la course pour le podium se resserre, Honda devra décider rapidement s’il investit dans des solutions temporaires ou se concentre exclusivement sur le projet 2027, faute de quoi la marge entre performance actuelle et potentielle se creusera davantage.