Sur le podium du cross‑country à Val di Sole, les trois jeunes pilotes français ont vu leurs ambitions s’effondrer dès la moitié de la course.
Départ fulgurant et attentes élevées
Après un été dominant en Coupe du monde – cinq victoires consécutives dès juin – les Bleus entraient dimanche avec le titre du monde à portée de main.
Nael Rouffiac et Alix André‑Gallois ont déjà confirmé la profondeur du réservoir tricolore en s’offrant le doublé U23, pourtant les projecteurs étaient braqués sur le trio masculin : Adrien Boichis (23 ans), Luca Martin et Mathis Azzaro.
Le retournement de situation à mi‑parcours
Au départ, Azzaro, malade mais déterminé, occupait la sixième place ; Martin, quant à lui, se maintenait dans le peloton avant de chuter au douzième rang.
Lorsque Boichis, champion de la short‑track la veille, a tenté de prendre le devant, il a rapidement cédé le passage à Vidaurre, Aldridge puis Pidcock, incapables de soutenir son accélération tranchante.
À la moitié de la boucle, les trois Français ont signalé une perte de sensations et de force dans les jambes, signe d’une fatigue prématurée.
Analyse de Yvan Clolus, sélectionneur national
« Une journée difficile », résume Yvan Clolus, qui souligne que l’enchaînement d’une short‑track jeudi puis deux jours d’attente avant la course du dimanche a perturbé la gestion du stress chez ces jeunes talents.
Il ajoute que la capacité technique des riders est indiscutable, mais que le « moteur » – c’est‑à‑dire l’endurance et le contrôle de l’effort – doit être renforcé pour répondre aux exigences d’un format olympique d’une heure et vingt minutes.
« Ils possèdent les qualités pour être au devant du peloton sans que cela ne coûte trop, mais la seconde moitié de la course révèle leurs limites actuelles », précise-t‑il.
Clolus évoque également le manque de « consistance » et d’« expérience » face à des champions en retour, facteurs qui ont privé la France d’une médaille et du titre tant espéré.
L’ensemble du week‑end illustre la transition d’une génération dorée de VTT, riche en résultats mais encore en quête d’une maturité suffisante pour convertir le potentiel en podium mondial.