Le trophée de la première coupe d’Afrique des Nations féminine remportée par le Cameroun a été remis directement au siège de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), contournant ainsi le président de la République et déclenchant une querelle officielle entre le ministère des Sports et la présidence.
Le différend institutionnel
Le mardi, Samuel Eto’o a demandé au ministre chargé des Sports qu’une délégation de la Fecafoot lui présente officiellement le trophée. Le ministre a accepté, rappelant qu’il avait accompagné la délégation du Premier ministre à Rabat et ramené le coupe au pays sur ordre de la présidence.
Le lendemain, le ministre de la Justice, Narcisse Mouelle Kombi, a opposé une fin de non‑recevoir, arguant que la remise officielle relève exclusivement de la prérogative présidentielle, « prérogative et privilège solennel » qui seul le chef de l’État peut exercer.
Le rôle de Samuel Eto’o
Malgré son implication dans le dialogue avec les autorités, Eto’o est resté discret après le retour de l’équipe du Maroc : il n’a pas été aperçu à l’aéroport de Yaoundé, ni lors de la parade officielle qui a suivi la victoire.
Le trophée a finalement été confié aux dirigeants de la Fecafoot au siège de la fédération, où il a été exposé aux côtés des trophées historiques masculins.
Implications politiques et sportives
La victoire des Lionnes indomptables, première du genre pour le Cameroun, a suscité des soulèvements populaires dans les rues, tout en réactivant les débats sur la place de chaque institution dans la célébration d’un tel exploit.
Cette controverse montre comment un succès sportif peut devenir un terrain de négociation du pouvoir, chaque acteur cherchant à s’approprier la symbolique du trophée.
À l’horizon, la question persiste : qui, du président ou du ministère, sera chargé de brandir la coupe lors des prochains honneurs nationaux.