Le Grand Prix du Canada a transformé la lutte interne Mercedes en un véritable bras de fer, au point que Toto Wolff a reconnu que le duel entre George Russell et Kimi Antonelli avait frôlé la ligne rouge.
Une saison déjà marquée par la suprématie des W17
Depuis le début de l’année, les monoplaces Mercedes dominent le championnat, s’emparant de chaque victoire sauf le sprint de Miami, remporté par Lando Norris. Cette série de succès a fait émerger très tôt l’idée d’un affrontement direct pour le titre des pilotes entre les deux hommes de Brackley.
À l’arrivée du week‑end canadien, l’écart était déjà de plus de 40 points au profit d’Antonelli, suite à l’abandon de Russell lié à un problème moteur.
Le duel serré de Montréal
Sur le célèbre circuit Gilles‑Villeneuve, Russell et Antonelli ont enchaîné les dépassements au plus près, que ce soit pendant le sprint ou la course principale. Leurs voitures se sont souvent retrouvées côte à côte, sans jamais laisser d’espace de manœuvre, provoquant plusieurs moments où la collision était imminente.
Bien que Mercedes ait échappé à un drame majeur, seule la voiture de Russell a finalement quitté la piste, soulignant la fragilité d’une rivalité trop rapprochée.

Les commentaires de Toto Wolff sur les limites franchies
Après la course, le patron autrichien a déclaré que les deux pilotes s’étaient « très souvent approchés de la limite », rappelant notamment l’incident où Antonelli a bloqué les roues de Russell. « Cela aurait pu entraîner un double abandon », a‑t‑il ajouté.
Wolff a souligné la nécessité d’analyser les séquences radio et de vérifier si les pilotes estiment avoir dépassé le point de tolérance, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.
Il a également rappelé que le contrôle émotionnel était un axe d’amélioration : « Exprimer ses émotions, c’est normal, mais rester concentré sur le pilotage reste primordial ».
Impacts potentiels sur le championnat des constructeurs
Si la supériorité actuelle de Mercedes – une demi‑seconde d’avance sur la plupart du peloton – venait à s’amenuiser, la rivalité interne pourrait coûter cher en points d’équipe. « Lorsque nos pilotes se battent entre eux, nous perdons jusqu’à une seconde sur les concurrents », a expliqué Wolff.
Dans ce contexte, il avertit que la direction pourrait intervenir davantage, voire décourager les accrochages internes si la marge de performance venait à se réduire.
Gestion des radios et des émotions, dernières leçons
Le sprint de Montréal a également été le théâtre d’échanges radio tendus, Antonelli réclamant des explications après une défense jugée agressive. Wolff est intervenu directement, demandant au jeune pilote de calmer le ton et de recentrer la conversation sur la stratégie.
- Analyse des séquences radio pour identifier les débordements.
- Définition de limites claires concernant les manœuvres à risque.
- Possibilité d’appliquer un « frein à main » si les points constructeur sont menacés.

En somme, la compétition entre Russell et Antonelli, déjà l’un des plus intenses de la saison, force Mercedes à mesurer le prix de la rivalité au sein de son propre garage.
