Les deux pénalités de cinq secondes infligées à Pierre Gasly lors du Grand Prix de Monaco 2026 ont été annulées, le classement et le podium ayant ainsi été révisés.

Cadre réglementaire et adaptation de la vitesse en stand
L’article B1.6.3a du règlement FIA impose, en principe, une vitesse maximale de 80 km/h dans la voie des stands, révisable par le directeur de course. Pour le GP de Monaco 2026, les notes de la direction du 4 juin ont abaissé cette limite à 60 km/h pendant toute la durée de l’épreuve.
La vitesse est calculée comme moyenne entre deux capteurs placés le long de la voie des stands ; la distance entre les capteurs est mesurée au centimètre près, le temps au millième de seconde.
Chronométrage des infractions et constatations pendant la course
Six alertes ont été transmises par le chronométrage officiel : Hamilton (15 :39), Russell (15 :43), Colapinto (15 :49), Gasly (16 :02), Piątkowski (16 :06) et à nouveau Gasly (16 :22), toutes indiquant une vitesse de 60,1 km/h sauf la seconde alerte Gasly à 60,4 km/h.
Les rapports ne précisaient pas la zone concernée, ce qui a conduit les commissaires à solliciter rapidement la direction de course dès la troisième alerte, constatant l’anomalie d’un groupe d’infractions identiques.
Analyse technique des distances de mesure
Le chronométrage s’appuyait sur une distance déclarée de 2 692 cm pour la première zone (entrée des stands). Des relevés LIDAR réalisés après la course ont révélé que la distance la plus courte entre les deux capteurs était de 2 615 cm, soit 77 cm de moins.
En appliquant les temps enregistrés pour Gasly (1,604 s et 1,602 s), la vitesse calculée sur la base de la distance minimale aurait été de 58,7 km/h et 58,8 km/h, donc en dessous de la limite de 60 km/h même sans tenir compte de la largeur du véhicule.
Arguments présentés par les parties
Alpine, via ses représentants Richard Lockwood et David Greenwood, a requis l’annulation des sanctions, en se basant sur le rapport officiel, les mesures LIDAR et la télémétrie interne, tout en rappelant que les roues de mesure avaient un calibrage de 0,1 m.
Red Bull (Stephen Knowles) et McLaren (William Courtenay) ont souligné la stabilité du processus de chronométrage, l’acceptation de son imperfection par les équipes et le manque de preuve contradictoire.
Le chronométrage officiel a réaffirmé l’usage habituel de la plus courte distance entre les capteurs, tout en admettant que la géométrie de Monaco pouvait rendre ce procédé moins approprié pour la première zone.
Conclusions des commissaires et décisions prises
Après évaluation, les commissaires ont constaté qu’aucune vitesse supérieure à 60 km/h n’avait été enregistrée dans la zone concernée, même en considérant les marges d’erreur. Ils ont donc invoqué le niveau de “conviction raisonnable” pour statuer que les infractions étaient inexistantes.
Les décisions suivantes ont été adoptées :
- Annulation des deux pénalités de cinq secondes appliquées à la voiture n° 10.
- Modification définitive du classement, réintégrant Gasly en troisième place et attribuant les points correspondants à Alpine.
- Remboursement des cautions versées pour la révision, conformément à l’article 14.4.3 du CSI FIA.
Cette résolution confirme que, malgré la complexité du suivi de vitesse en stand à Monaco, le système de mesure officiel n’a pas justifié les sanctions appliquées à Pierre Gasly.