Alors que le Tour de France jouissait d’une journée de repos, l’International Testing Agency a diffusé une nouvelle vague de contrôles antidopage, rappelant que la vigilance ne s’arrête jamais.
Des contrôles nocturnes aux tests du jour de repos
Les veillées de samedi à dimanche ont vu le passage de techniciens sur les chambres de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, déclenchant une couverture médiatique massive. Lundi, les mêmes inspecteurs sont revenus, mais cette fois-ci aux heures habituelles du crépuscule, touchant plusieurs équipes encore en lice.
Red Bull‑BORA‑Hansgrohe a vu ses huit coureurs — dont le belge Remco Evenepoel, deuxième au classement général — soumis à un contrôle vers 22 h00, selon un porte‑parole. La formation française Decathlon CMA CGM, ainsi que Groupama‑FDJ, ont été inspectées dès 20 h30, tandis que les équipes Picnic, Jayco‑AlUla et Bahrain ont également été ciblées.
Christophe Bassons met en garde contre l’illusion d’un sport propre
« Très peu de contrôles positifs ? Ce n’est pas forcément le bon signe », alerte l’ancien coureur Christophe Bassons dans la Charente Libre. Il rappelle que les progrès techniques des dopants accompagnent ceux des contrôles, rendant les tests seuls insuffisants pour éradiquer la fraude.
Bassons souligne l’existence d’une « omerta » au sein du peloton, où le silence protège les carrières. « On gagne bien sa vie, on veut rester dans la famille du cyclisme », explique‑t‑il, ajoutant que dénoncer les leaders ou les favoris risque d’entraîner l’exclusion du monde professionnel.
Un responsable du ministère des Sports, chargé de la lutte contre le trafic de produits dopants, estime que parmi les plus de 180 coureurs au départ, « il y en a forcément quelques-uns qui franchiront la ligne », insistant sur la persistance de portes ouvertes dans le système.
Réactions du peloton et continuité des contrôles
Ralph Denk, manager de Red Bull‑BORA‑Hansgrohe, a déclaré à ZDF que « certains coureurs dormaient déjà », soulignant la contrainte horaire des tests du soir. Malgré la fatigue, les équipes ont coopéré, affichant une conformité apparente aux exigences de l’ITA.
Le contraste entre les contrôles nocturnes perçus comme « inhumains » et les contrôles du soir, moins intrusifs mais tout aussi rigoureux, montre la volonté de diversifier les moments d’échantillonnage afin de décourager les tentatives de contournement.
Les prochains jours du Tour révéleront si cette intensification des contrôles transformera réellement le paysage dopage ou si, comme le souligne Bassons, le silence continuera de protéger les infractions.