Contrôles antidopage nocturnes : Pogacar et Vingegaard réveillés aux petites heures
Au sortir de la nuit de samedi à dimanche, le maillot jaune Tadej Pogacar a été tiré du lit à cinq heures, tandis que son principal rival Jonas Vingegaard a dû se lever à deux heures pour subir un contrôle antidopage avant le départ de la 15ᵉ étape du Tour de France.
Le CPA interpelle la pratique et rappelle les priorités de la lutte antidopage
Le Conseil Professionnel des Athlètes (CPA) a souligné son “engagement total en faveur d’une lutte antidopage forte, crédible et efficace”, mais a jugé que ces prélèvements nocturnes posent une question de pertinence. “Interrompre le repos des coureurs durant la nuit pour des contrôles mérite une réflexion sérieuse”, indique le syndicat, rappelant que le Code mondial antidopage vise avant tout la santé des athlètes et l’équité du sport.
Selon le CPA, le sommeil constitue un pilier de la récupération, surtout lors d’une épreuve aussi exigeante que le Tour. “La qualité du sommeil et de la récupération est indispensable non seulement à la performance, mais aussi à la sécurité des coureurs”, affirme l’association, en référence au lendemain où Vingegaard a subi une chute grave.
Autorisation judiciaire et procédure exceptionnelle
Les contrôles ont été autorisés par un juge français des libertés et de la détention, après que l’International Testing Agency (ITA) a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour obtenir l’accord d’interventions nocturnes. Cette démarche repose sur une disposition du Code du sport, rarement mobilisée.
Les deux coureurs concernés, l’un de l’UAE Team Emirates XRG, l’autre de la Visma‑Lease a Bike, ont ainsi accepté les prélèvements imposés dans le cadre de cette procédure exceptionnelle.
Enjeux pour la prochaine étape du Tour
Le CPA conclut que “cette pratique entrave la récupération des athlètes lors de la course la plus difficile du calendrier mondial et est en contradiction avec les objectifs recherchés”. Le syndicat appelle donc à un changement de protocole afin d’harmoniser les exigences antidopage avec le besoin fondamental de repos nocturne.
En l’absence de révision, les contrôles nocturnes risquent de devenir un facteur décisif dans la performance des favoris du Tour, alors même que les équipes peinent à maintenir un équilibre entre vigilance médicale et condition physique optimale.