Une seule moto par pilote dès 2027, la règle qui divise le paddock
Le MotoGP 2027 introduira une obligation : chaque pilote ne pourra plus aligner que **une** machine dans le garage, la seconde restant stockée et n’étant mobilisée qu’en cas de chute.
Pourquoi les constructeurs soutiennent le « single‑bike »
Les équipes justifient cette évolution comme une mesure d’économie, arguant qu’éliminer la double préparation permanente réduirait les coûts logistiques et le nombre de pièces d’usure.
En pratique, la seconde moto demeurera sur les épaules du paddock, prête à intervenir seulement lorsque la première subit un incident grave.
Günther Steiner s’interroge sur le véritable gain
Le directeur de Tech3, Günther Steiner, a déclaré à Crash.net : « Je suis opposé à ce dispositif, tandis que les constructeurs semblent l’embrasser ». Il ajoute que la réduction d’effectif reste floue : « Pourquoi un mécanicien de moins ? La deuxième moto nécessite toujours les mêmes techniciens et pièces. Les économies annoncées sont difficiles à quantifier. »
Steiner estime que le spectacle en pâtira, car les pilotes ne pourront plus basculer rapidement sur une machine de secours pour reprendre la course ou obtenir la pole.

Luca Marini et Pedro Acosta se joignent à la contestation
Luca Marini partage le même sentiment, précisant que la visibilité d’un pilote échangeant une moto en qualification crée une « dose d’adrénaline » qui manque au public lorsque la règle s’applique.
Pedro Acosta, champion en formation, alerte sur le risque de perdre tout un week‑end dès une chute au warm‑up : « Si la moto tombe en phase d’essais libres, le pilote ne pourra même pas se qualifier. En EL1, une petite erreur suffit à tout compromettre. »

Analyse des impacts financiers et sportifs
Le passage du 1000 cc au 850 cc des moteurs a déjà engendré des dépenses majeures, selon Marini : « Un mécanicien supplémentaire ne modifiera pas le budget global. » Il estime que la contrainte de garder une moto de rechange prête neutraliserait toute économie potentielle.
En parallèle, la fréquence des chutes en MotoGP, loin d’être comparable à la Formule 1 où le mulet a peu d’effet, rend la disponibilité d’une seconde machine indispensable pour préserver l’enjeu du week‑end.
Si la règle entre en vigueur, le championnat devra concilier réduction budgétaire et attentes du public, deux exigences que les principaux acteurs du paddock jugent aujourd’hui incompatibles.