Pouhon n’est plus qu’une courbe à haute vitesse depuis l’entrée en vigueur du règlement 2026 : la puissance du MGU‑K dans le deuxième secteur de Spa‑Francorchamps chute à environ 540 ch, voire moins, laissant les monoplaces dépendre presque exclusivement du moteur thermique.
Pouvoir électrique réduit, virages contraints
Le double gauche de Pouhon, jadis repoussant les limites des pilotes, devient aujourd’hui une trajectoire où le moteur à combustion fournit la quasi‑toute la poussée. Sans assistance du système de récupération d’énergie, les unités de puissance délivrent une puissance comparable à celle d’une Formule 3, malgré l’appui aérodynamique propre à la Formule 1.
En comparaison, les moteurs Mecachrome de Formule 2 offrent environ 620 ch, tandis que les monoplaces de la catégorie inférieure affichent officiellement 380 ch. Cette disparité explique la perte de 50 km/h constatée par plusieurs pilotes dans des sections comme Blanchimont.
Déclarations des pilotes au sujet du nouveau Spa
Max Verstappen, double champion du monde, a souligné que le deuxième secteur se conduit « uniquement avec le moteur thermique », comparant la puissance disponible à « 450‑500 ch, proche d’une Formule 3 ». Il a ajouté que cette situation « n’est pas enthousiasmante à piloter », tout en insistant sur le besoin d’adaptation mentale.
Lando Norris a avancé que les spectateurs ne sauront plus quel pilote possède le plus de courage à Pouhon, le qualifiant de « courbe sur une ligne droite ». Son co‑équipier, Oscar Piastri, a confirmé la perte d’environ 50 km/h dans le secteur, précisant que la sortie de certains virages se fait avec près de 1 000 ch, alors que d’autres n’offrent que 550‑600 ch.
Carlos Sainz et les deux pilotes de McLaren ont partagé le même constat : le tracé global de Spa a changé, forçant les pilotes à rééquilibrer leurs stratégies d’accélération selon la disponibilité de l’énergie électrique.


Impact sur la stratégie de gestion d’énergie
Les pilotes doivent désormais synchroniser le déploiement du MGU‑K avec les zones où l’assistance électrique est autorisée, puis accepter une perte de puissance brute dans le secteur technique. Cette dualité oblige à une relecture mentale du rythme de chaque virage, rendant le pilotage plus exigeant que jamais.
Le règlement prévoit une révision progressive du ratio thermique/électrique, visant un partage de 60 % thermique / 40 % électrique dès 2028, afin d’atténuer l’écart de puissance entre les différents secteurs du circuit.
Enjeux futurs pour les équipes et le public
Alors que les constructeurs travaillent à optimiser le rendement du MGU‑K, les amateurs de Grand Prix remarquent déjà une transformation du caractère même de Spa‑Francorchamps. Le défi pour 2027 sera de retrouver la sensation de vitesse pure sans sacrifier les exigences de durabilité énergétique imposées par la nouvelle ère hybride.
Le paddock presse donc sur les solutions hybrides, conscient que l’équilibre entre puissance thermique et assistance électrique façonnera les futures sensations de conduite à Spa comme ailleurs.