Quand l’image du rugbyman costaud devient un fardeau
Lors d’une interview, le joueur de La Rochelle a indiqué qu’il préfère qu’on le qualifie de « beauf » plutôt que d’« abruti », estimant que le second terme reflète davantage une méconnaissance de son intellect.
Il rappelle que, depuis plusieurs années, on le réduit à son physique imposant, les interlocuteurs l’interrogeant comme s’il ne possédait que la force brute d’une salle de musculation.
Cette dimension réductrice le pousse à souligner que le rugby de haut niveau nécessite aujourd’hui une intelligence de jeu, notamment chez les arrières, rendant les stéréotypes de « rugby‑bête » obsolètes.
Introspection et travail sur soi : une démarche consciente
Il signale que son entourage – père, frère Pierre et proches – perçoivent tous une certaine singularité chez lui, le décrivant comme « dans sa bulle ».
Après de multiples remarques, il a entrepris un travail d’introspection approfondi, analysant les dynamiques relationnelles et les raisons de ses affinités ou frictions avec différents interlocuteurs.
Cette réflexion l’a aidé à accepter que parfois le problème ne vient pas des autres, mais de sa propre perception, l’incitant à ajuster son discours pour faciliter la communication.
Curiosité omnivore : ne jamais se cantonner à un seul domaine
Optimiste de nature, il explore constamment de nouvelles activités et professions, redoutant la routine qui l’étoufferait.
Il critique la mentalité selon laquelle « seul l’idiot ne change pas d’avis », insistant sur l’importance d’examiner chaque sujet dans sa globalité, du commencement à la conclusion.
Cette exigence de compréhension « de A à Z » se traduit par une irritation lorsque les explications ne couvrent qu’une partie du processus.
Un caractère explosif transformé en atout
Issu d’une famille au tempérament marqué, il raconte des débuts de vie où l’autorité était perçue comme un défi, générant des confrontations fréquentes au collège.
Le conflit avec son entraîneur, Ronan O’Gara, initialement perçu comme une animosité, a évolué en une source de résilience : l’exigence du manager a forgé une meilleure connaissance de ses limites.
Aujourd’hui, il estime que ce caractère, autrefois source d’impulsivité, constitue une force grâce à une meilleure maîtrise de soi.
Gestion des médias : authenticité versus prudence
Il dénonce la réticence de nombreux joueurs à s’exprimer librement de peur du jugement, soulignant qu’une attitude bienveillante permet d’éviter de “chasser la petite bête”.
Conscient que le rugby n’atteint pas la visibilité du football, il affirme que rester naturel et ne pas jouer un rôle est la meilleure façon de préserver son authenticité face aux réseaux sociaux.
Distanciation vis-à-vis du sport : le regard d’un professionnel
Il précise qu’il ne se laisse pas submerger par les succès ou les échecs, rappelant que des professions salvatrices existent et que le rugby, même s’il procure du plaisir, n’est pas indispensable à la société.
Cette vision conduit à une séparation claire entre sa vie personnelle et sa carrière : le rugby occupe le weekend et les entraînements, mais ne définit pas son existence globale.
Il conclut que la tendance à placer les joueurs sur un piédestal, les transformant en héros ou en vilains selon le résultat, mérite une remise en question pour préserver la santé mentale des athlètes.