Le MotoGP redéfinit son avenir sous la direction de Carlos Ezpeleta
Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP, a confirmé à Motorsport.com que le championnat, désormais sous l’égide de Liberty Media, mise sur une expansion globale tout en protégeant son identité unique.
Un calendrier à deux vitesses : vers un équilibre 50 / 50 entre Europe et le reste du monde
Actuellement 14 courses restent en Europe contre huit hors du continent ; l’objectif affiché pour les prochaines saisons est d’atteindre un partage approximatif de 13 / 9, puis de stabiliser rapidement à 50 % chaque côté.
Ezpeleta insiste sur le fait que le simple nombre d’épreuves ne suffit pas : développer des bases de fans durables au Royaume‑Uni, aux États-Unis et en Asie du Sud‑Est prime sur la simple présence d’un Grand Prix isolé.
Les critères de sélection d’un nouveau circuit incluent l’homologation, la capacité d’attirer un public conséquent, la logistique aéroportuaire et la compatibilité horaire avec les fuseaux clés du championnat.

Le déplacement d’épreuves historiques, comme le futur retrait du GP d’Aragon, s’inscrit dans cette logique d’équilibrage géographique.
Renforcement de l’organisation : une équipe internationale au service de la croissance
Depuis la pandémie, le MotoGP a renforcé son équipe dirigeante en recrutant des profils issus de cultures diverses, afin de refléter l’ampleur mondiale du sport.
L’approche de Liberty Media introduit des KPI non financiers – notoriété de marque, engagement digital et visibilité globale – qui accompagnent les indicateurs classiques de performance sportive.
Les négociations récentes avec les constructeurs, encadrées par la FIM, visent à aligner les investissements technologiques sur une vision commune, tout en respectant les budgets variés des cinq marques majeures.

Des événements pré‑course, comme la visite à Londres avant Silverstone, illustrent la volonté de toucher les fans dans les métropoles.
Adélaïde : le projet phare qui marque l’audace du MotoGP
Le circuit urbain d’Adélaïde, prévu pour la fin 2027, représente le premier grand événement construit en coopération étroite avec le South Australian Motorsport Board et les autorités locales.
Le tracé, conçu pour minimiser l’impact environnemental, prévoit la compensation d’asphalte par la création d’espaces verts et la replantation d’arbres indigènes.
Le MotoGP s’engage dès 2024 à utiliser un carburant 100 % durable, à réduire les réservoirs et à optimiser la logistique afin de respecter les exigences écologiques australiennes.

Le succès de l’événement est déjà palpable : des centaines de milliers de billets réservés et un accord de promotion largement médiatisé.
Vers un plafond budgétaire : enjeux techniques et financiers pour 2027‑2031
Ezpeleta reconnait que le MotoGP ambitionne d’instaurer un plafond de dépenses, non pas pour niveler la compétition sur la piste, mais pour assurer une équité financière à long terme.
Cette mesure, encore en phase de discussion, devra être rédigée avec une précision juridique afin d’éviter toute faille exploitable par les constructeurs aux budgets variés.
Le règlement technique 2027, avec l’élimination du variateur de hauteur et l’introduction de nouvelles solutions de départ, constitue déjà une évolution majeure en matière de performance et de sécurité.
- Priorité sécurité : les temps au tour restent contrôlés malgré des vitesses croissantes.
- Innovation maîtrisée : le plafond budgétaire limiterait la course à la dépense, favorisant la créativité plutôt que la course aux dépenses.
- Impact commercial : un cadre budgétaire stable faciliterait les investissements sponsors et la valorisation des équipes.

En combinant une présence mondiale renforcée, une organisation plus diversifiée et des réformes financières prudentes, le MotoGP se projette comme le sport à deux roues le plus adaptable aux défis du XXIᵉ siècle.