Franco Morbidelli, double vainqueur de Grand Prix et vice‑champion du monde, ne compte que 40 points après huit courses, soit 14e au classement, un retournement brutal par rapport à sa 4e place l’an dernier.
Un bilan décevant malgré le potentiel affiché
Depuis le début de la saison, le pilote italien se situe en queue de peloton parmi les Ducati, le seul de l’équipe à ne pas avoir décroché de podium en course classique. Son unique succès s’est limité à une victoire sur le sprint de Jerez, tandis que le co‑équipier Fabio Di Giannantonio cumule une victoire à la Catalogne et occupe la troisième place du championnat.
À l’opposé, le troisième pilote Ducati, Fermín Aldeguer, inscrit régulièrement des points malgré une blessure à la jambe qui l’a privé des essais pré‑saison, et se classe dixième avec un écart de 24 points sur Morbidelli.

Ce que le pilote avance : manque de sensations et ajustements
Interrogé à Budapest, Morbidelli a déclaré ne plus ressentir la même connexion avec la Ducati 2025, précisant qu’il éprouve des difficultés à « retrouver les sensations d’il y a un an ». Il a toutefois noté que depuis Austin, l’équipe a revu sa méthodologie de travail, acceptant la perte de sensations et cherchant à exploiter au mieux le matériel disponible.
Les essais récents montrent des progrès, même si la progression reste timide et ne se traduit pas encore en résultats tangibles en course. « Les départs sont particulièrement problématiques », a‑t‑il ajouté, soulignant que les améliorations en qualification – comme la deuxième place à Barcelone – restent des exceptions isolées.
Analyse du team manager et la question du package
Pablo Nieto, manager du VR46, qualifie la situation de « très étrange », rappelant le potentiel indéniable du pilote même si les performances ne suivent pas. Selon lui, le package Ducati fourni à Morbidelli (une GP25) est solide, bien qu’il ne s’agisse pas du modèle d’usine. Nieto insiste sur la nécessité de transmettre de meilleures sensations à chaque week‑end afin de libérer le talent de Morbidelli.
Il compare toutefois la situation d’Aldeguer, qui, malgré son accident, réussit intermittemment à viser le podium, indiquant que la différence de résultats ne peut être attribuée uniquement au matériel. « Nous devons travailler sur les ressentis, parce que le potentiel est présent, » conclut le manager.

Perspectives et enjeux futurs
Avec la menace d’un remplacement par un pilote tel que Nicolò Bulega ou une possible transition vers le WorldSBK, la pression monte sur Morbidelli pour identifier rapidement la cause de ses troubles. Les prochains week‑ends seront décisifs pour déterminer s’il parviendra à rétablir la confiance nécessaire à un retour au top‑10 ou s’il devra envisager une reconversion.
Le mois d’octobre s’annonce comme le vrai test de la résilience du pilote italien.