En 2022, une mort et neuf blessures graves ont été enregistrées parmi les 3 200 enfants jockeys qui ont pris part aux courses du Naadam, selon le gouvernement mongol.
Une tradition séculaire mise sous tension
Depuis des décennies, les plaines mongoles voient défiler dès l’âge de cinq ans de jeunes cavaliers entraînés à monter à toute vitesse, un rite qui culmine chaque année lors du festival national de Naadam. À six ans, Hurts Gantumur parcourt déjà les steppes, aspirant à devenir « enfant jockey », statut réservé aux 8‑12 ans qui peuvent concourir sur des distances variant de 11 à 25 km selon l’âge du cheval et la catégorie de la course.
Le père de Hurts, Gantumur, élève des chevaux spécialement destinés au Naadam et supervise l’apprentissage de son fils, affirmant que la synchronisation entre le garçon et la monture constitue le secret de la performance.
Chiffres et critiques internationales
Un rapport d’UNICEF alerte sur des conditions « nuisant à la santé et à la vie » des enfants participants, tandis que l’ONG Their World souligne l’absence d’école, les longues heures de travail et les bas salaires dans les grands haras. La Commission nationale mongole des droits de l’homme indique que 46 enfants jockeys sont morts au cours des dix dernières années.
Les Nations unies qualifient le sport de « risque mortel pour la vie et le bien‑être des enfants », appelant à une réévaluation de la pratique.
Réponses officielles et perspectives
Face aux critiques, le gouvernement de Oulan‑Bator a relevé l’âge minimum légal des jockeys à huit ans, contre sept auparavant, dans le but de réduire les accidents. Cependant, les familles rurales continuent de voir la victoire au Naadam comme un gage d’honneur pour la lignée et la province.
Alors que Hurts s’apprête à suivre les traces de son frère aîné Zolboo, aujourd’hui hors du seuil d’âge, ses jumeaux de trois ans, Galt et Gerelt, attendent déjà leur tour, témoignant de la persistance de la tradition malgré les défis légaux et sanitaires.
Le prochain Naadam soulèvera une fois de plus la question de l’équilibre entre patrimoine culturel et protection des mineurs.