À l’aéroport O’Hare de Chicago, l’attaquant vedette de l’Irak, Aymen Hussein, a été retenu près de sept heures pour interrogatoire et contrôle de son téléphone avant de pouvoir fouler le sol américain.
Le contrôle prolongé d’Aymen Hussein
Après que les Lions de Mésopotamie ont atterri le 6 juin, les agents de la CBP ont confondu le footballeur de 30 ans avec un autre ressortissant irakien, le soumettant à un interrogatoire qualifié de « comme un terroriste » par les médias irakiens relayés par l’AS.
Durant cet examen, le téléphone du joueur a été inspecté en détail ; seulement à l’issue de ces vérifications, une autorisation d’entrée a été délivrée.
Ni la Fédération irakienne de football, ni le joueur n’ont publié de réaction immédiate, tandis que les autorités américaines gardent le silence.
Le photographe de la délégation, Talal Salah, banni du territoire
Simultanément, Talal Salah, responsable de la prise de vue officielle, a vu son séjour bloqué pendant plus de dix heures, subissant les mêmes vérifications d’appareil avant de se voir refuser l’accès aux États‑Unis.
Cette exclusion, relayée de façon anonyme par un cadre de la fédération, souligne la sévérité des contrôles appliqués aux membres du staff irakien.
Politiques d’accueil américaines sous le feu des critiques
Le malaise provoqué par ces incidents s’inscrit dans un contexte plus large où la co‑organisation du mondial 2026 par le Canada, le Mexique et les États‑Unis suscite des accusations de fermeture des portes du football mondial.
L’exemple iranien rappelle la même problématique : après des frictions diplomatiques, la “Team Melli” a dû se loger au Mexique puis obtenir des visas de dernière minute pour disputer ses matchs à Los Angeles et Seattle.
Une quinzaine d’accompagnants iraniens, dont le président de la fédération Mehdi Taj, ont également essuyé des refus d’entrée, motivés par leurs liens avec les Gardiens de la Révolution.
Journalistes, supporters et visas : un tableau en mutation
L’Association internationale de la presse sportive (AIPS) a alerté la FIFA sur les refus de visas subis par plusieurs journalistes arabes et africains, malgré leurs accréditations officielles.
Parallèlement, les supporters haïtiens se voient barrer l’accès au territoire américain en raison des restrictions de l’ère Trump, tandis que des fans écossais ont vu leur ESTA annulée à la dernière minute.
Ces obstacles, apparus moins d’une semaine avant le coup d’envoi du tournoi, compliquent la mise en scène d’une Coupe du monde réellement « ouvert à tous ».
En définitive, la série d’incidents à Chicago traduit les tensions entre exigences sécuritaires américaines et aspirations universelles d’inclusion au plus grand spectacle footballistique du siècle.