Mondial-2026 à New York : un instant émouvant pour la communauté haïtienne

Mondial-2026: à New York, un moment suspendu pour la communauté haïtienne
Mondial-2026: à New York, un moment suspendu pour la communauté haïtienne

La sélection haïtienne de basket, première depuis 1974 à fouler le parquet d’une Coupe du monde, affrontera le Brésil ce vendredi dans le tumulte de Little Haiti, à Brooklyn.

Une première historique en Coupe du monde

Après la victoire du Knicks hier, les couleurs bleu et orange envahissent les vitrines, les T‑shirts et même les affiches du métro, rappelant l’exaltation qui règne parmi les Haïtiens de New York. Vladimir Calixte, comédien arborant le drapeau tricolore, affirme que les habitants ne parleront plus que de « couleurs d’Haïti » dès que la saison NBA prendra fin.

Les joueurs, majoritairement issus de la diaspora, incarnent la même dispersion que la communauté : nés ou formés à l’étranger, ils se rallient sous un même maillot pour représenter un peuple au‑delà des frontières.

Les enjeux migratoires et l’impact sur la diaspora

Depuis l’adoption de la politique migratoire de Donald Trump, les autorités américaines ont suspendu tous les visas touristiques et d’immigration vers Haïti, tout en menaçant de révoquer le statut de protection temporaire accordé à près de 520 000 ressortissants haïtiens. Cette mesure a créé une atmosphère de crainte, même parmi les résidents permanents et les nouveaux citoyens.

Maélie Misidor, commerçante locale, décrit le coût prohibitif des billets comme un obstacle supplémentaire : « Si les places étaient moins chères, j’irais, mais pour l’instant, on regarde le match depuis la cour de la boutique ». Son témoignage reflète le dilemme d’une communauté qui veut soutenir son équipe malgré les barrières économiques et administratives.

Lyne Lucien, artiste de Brooklyn, souligne que la peur d’être interceptée par les services d’immigration persiste, même pour les détenteurs de la carte verte : « Les gens hésitent à se rendre au stade, de peur d’une éventuelle vérification ».

Le défi brésilien : entre fierté et incertitude

Après une défaite 1‑0 contre l’Écosse, la sélection se retrouve dans le groupe du Brésil, nation généralement soutenue par la diaspora haïtienne. Calixte explique que cette préférence culturelle se traduit par un soutien historique aux équipes brésiliennes, perçues comme porteuses d’une identité partagée.

Sonnet à l’extérieur du salon de coiffure, Sonny Etienne, 43 ans, doute de toute victoire : « Les Brésiliens sont les leaders, on ne peut rien y faire ». Son scepticisme illustre la tension entre l’enthousiasme initial et la réalité d’un affrontement titanesque.

Alors que les supporters improvisent des espaces de visionnage dans les arrière‑cuisines et les cours d’immeubles, la rencontre devient le reflet d’une diaspora qui, malgré les restrictions migratoires, persiste à célébrer son identité commune sur le terrain mondial.