Plus d’une quinzaine de responsables, arbitres et supporters internationaux ont vu leurs demandes de visa pour la Coupe du Monde 2026 rejetées aux États‑Unis, alors même que la FIFA se limite à déclarer son incapacité à intervenir dans les procédures migratoires du pays hôte.
Le cas Omar Artan, arbitre somalien exclu à la frontière
Arrivé à Miami le 6 juin, l’arbitre somalien nommé meilleur officiel africain de 2025 a été classé « lié à des personnes suspectées d’appartenir à des organisations terroristes », d’après le Département d’État. Cette qualification a entraîné son refoulement immédiat et un interrogatoire de onze heures avant son rapatriement vers Istanbul.
De retour à Mogadiscio, la ville a célébré son exclusion paradoxale en organisant un rassemblement où les slogans « Victoire à Omar ! Victoire à la Somalie ! » ont retenti, tandis que l’UEFA a confirmé sa nomination pour la prochaine Supercoupe d’Europe.
Refus de visas aux responsables de la sélection iranienne
Les autorités américaines ont également bloqué l’entrée à environ quinze membres du staff iranien, invoquant des « très bonnes raisons » que le conseiller de la Maison Blanche chargé de la Coupe du Monde, Andrew Giuliani, n’a pas détaillées, mais qui semblent liées à la situation géopolitique au Moyen‑Orient.
L’équipe a finalement déplacé son camp d’entraînement de Tucson (Arizona) à Tijuana (Mexique) afin d’échapper aux restrictions, tout en portant un pin’s « #168 » rappelant le bombardement de l’école de Minab qui a fait 168 victimes.
Interrogatoire prolongé d’un joueur irakien
L’attaquant iraquien Aymen Hussein a été détenu près de sept heures à l’aéroport O’Hare de Chicago, son téléphone scruté par les douanes avant d’obtenir finalement un accès au territoire. Son photographe officiel, Talal Salah, a vu son visa valide jugé insufficient et s’est vu refuser l’entrée après plus de dix heures de contrôles, aucune explication supplémentaire fournie.
Supporters ivoiriens bloqués à l’entrée des États‑Unis
Le comité national des supporters des « Éléphants », dirigé par Julien Kouadio Adonis, rapporte l’impossibilité d’obtenir les visas requis, la partie américaine affirmant ne pas vouloir de supporters ivoiriens sur son sol. Quelques officiels du CNSE ont néanmoins réussi à franchir la barrière, après d’importantes négociations et la mobilisation de la diaspora.
Journalistes sportifs sans accès aux États‑Unis
Gianni Merlo, président de l’Association internationale de la presse sportive, a adressé une lettre ouverte à la FIFA, dénonçant la multiplication de visas à usage unique pour les médias iraniens et africains, qui, une fois utilisés au Canada ou au Mexique, les empêchent de revenir aux États‑Unus.
Il souligne que de nombreux collègues se retrouvent dans l’incapacité de couvrir les matchs, un problème qu’il qualifie d’« inacceptable » et qui, selon lui, compromet la visibilité internationale du tournoi.
Alors que la coupe se joue sur trois continents, les blocages migratoires dressent un parallèle inattendu entre les ambitions sportives et les politiques d’immigration, rappelant que la logistique humaine peut devenir le facteur déterminant d’un événement planétaire.