Le Rallye du Paraguay s’annonce comme le test le plus exigeant de la saison WRC
Entre sols argileux rougeâtres et prévisions de fortes précipitations, le stage final du calendrier mondial promet aux équipes une véritable loterie, comparable aux pires épisodes du Safari Rally.
Une météo décisive, du sec au chaos aquatique
Les prévisions annoncent un vendredi relativement sec, mais la situation bascule dès le samedi avec des averses qualifiées de « chutes du Niagara » par le jeune Finn Oliver Solberg. La première journée risque déjà d’être marquée par des crevaisons, les pneus devant subir un encrassement rapide sur la terre qui, à chaque passage, devient très glissante.
Sur le terrain, le compactage laissé par les voitures crée une surface luisante, aggravée par l’eau qui transforme les sections déjà traîtresses en véritables patinoires d’aquaplaning.
Les avis des pilotes : entre prudence et adrénaline
Sami Pajari, pilote de Toyota, compare la possible évolution du rallye à « un deuxième Kenya », soulignant que chaque goutte d’eau pourrait multiplier les risques de crevaison et de perte d’adhérence. Sébastien Ogier, champion en titre, rappelle sa propre mésaventure de l’an dernier, où une averse tardive a compromis les 35 points potentiels, et affirme que le week‑end restera imprévisible.
Elfyn Evans, leader du classement avec une avance de 30 points, précise que la densité des obstacles – arbres, talus, rochers – rend le parcours plus technique que les vastes plaines du Kenya, réduisant les possibilités de récupération après une sortie de route.
Adrien Fourmaux, qui avait mené la première journée avant une crevaison, voit la Power Stage comme la dernière chance de renverser la tendance, insistant sur le caractère « tout est possible » jusqu’au dernier kilomètre.
Stratégies mécaniques et logistiques
Face à l’éventualité d’inondations, M‑Sport Ford a équipé ses Puma Rally1 de snorkels, prêts à être installés si les flaques d’eau deviennent trop profondes. Le chef d’équipe Jon Armstrong compare le lacis de la surface au brillant d’une piste du Goodwood Rally, tout en rappelant que la terre du Paraguay reste la plus glissante rencontrée en WRC.
Les stratégies de gestion des pneumatiques, le choix du composé et le timing des changements seront cruciaux pour éviter les crevaisons qui pourraient coûter la victoire dès les premiers kilomètres.
Enjeux pour le classement général
Avec cinq nouvelles spéciales portant le total à 358,88 km, chaque point compte. Les leaders comme Evans et les challengers tels que Solberg devront équilibrer vitesse et préservation du matériel, tandis que les équipes plus modestes viseront à capitaliser sur les aléas météo pour grimper dans le classement.
Le championnat semble donc suspendu à chaque nuage qui passe au-dessus des chemins d’asphalte et de terre du Paraguay.