Pierre Gasly retrouve la troisième place du Grand Prix de Monaco après que la Formula One Management a admis une erreur de 77 cm dans le dispositif de mesure de vitesse des stands, entraînant l’annulation de ses deux pénalités de 10 secondes.
Correction du chronométrage : la décision qui a bouleversé le classement
Alpine a invoqué le droit de révision, soutenu par le constat officiel de la FOM selon lequel le capteur de la voie des stands fonctionnait mal. Les commissaires ont donc rétabli le temps de Gasly à 2 h 23 min 51,612 s, le plaçant à 20,369 s du vainqueur Kimi Antonelli. Avant cette correction, le pilote français était inscrit septième.
Les pénalités des autres pilotes restent inchangées
Oscar Piastri (McLaren) et George Russell (Mercedes) ont conservé leurs sanctions respectives, même si leurs équipes n’ont pas déposé de demande de révision dans les délais réglementaires. La commission a rappelé qu’aucune règle ne permet d’annuler une pénalité déjà purgée, et que seules les requêtes déposées à temps peuvent être réexaminées.
Le texte B1.9.6.c.iii du règlement sportif précise qu’une pénalité « drive‑through » non purgée avant la fin de l’épreuve équivaut à vingt secondes ajoutées au temps final. En appliquant ce principe, la perte de 20 s de Russell le placerait immédiatement devant Isack Hadjar, à 0,041 s d’écart.
Scénario de recomptage des temps : quelles positions en résultent ?
En soustrayant les cinq secondes de pénalité de Piastri, il dépasserait Hadjar et Gasly, prenant la troisième place. Réintégrer les vingt secondes à Russell le ferait monter à la cinquième position, derrière Hadjar mais devant le pilote français. Le tableau ci‑dessous résume le classement hypothétique.
| Position | Pilote | Temps ajusté |
|---|---|---|
| 1 | Kimi Antonelli | 2 h 23 min 31,242 s |
| 2 | Lewis Hamilton | 2 h 23 min 37,513 s |
| 3 | Oscar Piastri | 2 h 23 min 46,612 s |
| 4 | Pierre Gasly | 2 h 23 min 51,612 s |
| 5 | George Russell | 2 h 23 min 51,653 s |
| 6 | Isack Hadjar | 2 h 23 min 51,694 s |
Réactions des équipes et options de recours
McLaren a déclaré vouloir faire appel pour que la pénalité de cinq secondes de Piastri soit retirée, estimant que la même anomalie de chronométrage a faussé son calcul. Mercedes, de son côté, pointe l’erreur de communication qui a transformé la pénalité initiale de Russell en un drive‑through, et envisage une demande de compensation selon l’article B1.9.6.c.iii.
Red Bull préfère que la réintégration de Gasly soit annulée, afin de préserver le podium d’Isack Hadjar, qui aurait sinon perdu sa place. Aucun précédent ne guide la FIA dans une remise en cause simultanée de plusieurs pénalités, ce qui rend la perspective d’une révision globale incertaine.
Vers un classement plus équitable ?
Le problème sous‑jacent est que chaque pilote a adapté sa stratégie à des sanctions qui, selon les pilotes de McLaren et Mercedes, n’auraient jamais dû être infligées. Corriger le temps de Gasly sans ajuster les autres crée un déséquilibre ; en revanche, un recomptage global pourrait déclencher une cascade de modifications, rendant le podium final difficile à stabiliser.
En attendant une décision officielle, le trophée de troisième place reste entre les mains d’Alpine, tandis que la communauté du paddock continue de débattre de la meilleure façon de restaurer la crédibilité du résultat monégasque.



Le classement de Monaco montre à quel point une anomalie technique peut redistribuer les points, rappelant que la précision du chronométrage reste la pierre angulaire du sport automobile.