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Investisseurs privés à la FIFA : la fronde grandit, la pression sur Infantino augmente

AFP

Opposition continentale crescendo contre le projet FFE

Après la démission du conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, l’Asian Football Confederation (AFC) a officiellement soutenu les positions de l’UEFA et de la CONCACAF contre la création de la FIFA Forward Enterprise (FFE), société censée ouvrir le football mondial aux investisseurs privés.

L’AFC, qui regroupe 47 membres dont 46 affiliés à la FIFA, a exigé « d’urgence » une révision du cadre de gouvernance de la FIFA, tout en rappelant que le projet ne pouvait recueillir le large consensus nécessaire.

Les deux confédérations européennes et nord‑américaines, déjà à la tête d’une menace de boycott des prochaines Coupes du monde, ont intensifié leurs critiques, soulignant l’incompatibilité du modèle avec leurs intérêts.

Contenu du projet et enjeux financiers

La FFE, présentée comme une société à capitaux partagés, viserait à lever 4,2 milliards de dollars en valorisant l’entité à 20 milliards, avec un plafond de 20 % de parts accessibles aux investisseurs privés.

Parmi les potentiels financeurs, le fonds Thrive Eternal – fondé par Joshua Kushner, frère du gendre de l’ancien président Donald Trump – a été cité, soulevant des interrogations sur les liens politiques d’Infantino.

Si le plan se concrétise, chaque fédération FIFA pourrait recevoir 20 millions de dollars dès 2027, avec une dotation annuelle portée à 8‑20 millions entre 2027 et 2030.

Réactions des dirigeants et des instances

L’UEFA a menacé d’unanimité de ne plus participer aux compétitions FIFA, y compris la Coupe du monde, tant que le projet ne serait pas abandonné.

La CONCACAF a quant à elle « rejeté la proposition », tandis que les confédérations africaines et océaniennes se sont limitées à demander une étude approfondie.

La CONMEBOL, nette, a demandé des informations complémentaires, rappelant que le football doit rester au‑dessus de tout autre intérêt.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a qualifié le plan de « proposition scandaleuse », jugeant Infantino « la mauvaise personne pour diriger » le sport.

Lue Klaveness, présidente de la Fédération norvégienne, a dénoncé une forme de chantage, affirmant que la FIFA n’avait « pas besoin de cet argent ».

Déclarations officielles de la FIFA

Dans un communiqué, la FIFA a rappelé qu’elle ne « vendreait jamais le football », insistant sur le maintien du contrôle exclusif de la FFE, de la gouvernance, du calendrier et des règlements.

Le texte souligne aussi que le projet ne sera lancé que si la majorité des 211 fédérations le soutient, fixant le 19 septembre comme date limite de réponse.

Infantino a présenté le plan comme « une occasion en or de dynamiser le développement du sport à l’échelle mondiale », arguant que les acteurs les plus nécessiteux recevront une part proportionnelle de la valeur croissante du football.

Calendrier serré et enjeux électoraux

Le vote prévu avant le 19 septembre s’inscrit dans le contexte des échéances électorales de la FIFA, avec Infantino, seul candidat déclaré, en lice pour sa réélection en mars 2027.

Le court délai, combiné à la pression exercée par les grandes confédérations, a été qualifié par l’UEFA d’« ultimatum » et de « gouvernance par la peur ».

Alors que les fédérations délibèrent, la trajectoire du projet FFE pourrait redéfinir le financement du football mondial et façonner les rapports de force entre les instances dirigeantes.

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