Gianni Infantino a convoqué une réunion de crise à Salé, au Maroc, afin de gérer la chute du projet de création d’une société externe – la FIFA Forward Enterprise – censée ouvrir la instance aux investisseurs privés.
Réunion d’urgence au complexe Mohammed VI
Le rassemblement, tenu dans la matinée au siège africain de la FIFA logé dans le complexe Mohammed VI, n’était pas ouvert à la presse selon une source anonyme. Des vans aux vitres teintées ont été observés à l’entrée, témoignant de la présence de hauts responsables de l’organisation.
Aucun communiqué officiel n’a encore suivi la tenue de cette session, et les motifs exacts du choix du Maroc restent inconnus, bien que le pays s’apprête à co‑organiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
Le projet FFE abandonné
Présenté la semaine précédente, le projet de FIFA Forward Enterprise visait à confier à des capitaux privés la gestion commerciale des tournois, y compris les Coupes du monde, et à augmenter le nombre de participants à 64 équipes dès 2030.
Face à une opposition massive, dont l’UEFA et la CONCACAF, le plan a été retiré dans la nuit de vendredi à samedi. Le secrétaire général Mattias Grafström, dans une lettre aux salariés, a qualifié les événements de « tristes et condamnables », soulignant le caractère définitif de l’abandon.
Pressions internes et externes
Des cadres de la FIFA se sont distanciés du président : Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, ainsi que le conseiller principal Carlos Cordeiro, qui a démissionné en déclarant son opposition catégorique au projet.
En parallèle, l’UEFA a annoncé envisager une action en justice, rappelant la menace de boycott des prochaines Coupes du monde, tandis que la CONCACAF réclame une remise à plat complète de la gouvernance d’Infantino.
L’association des ligues européennes a, quant à elle, dénoncé la capacité de la FIFA à prendre des décisions unilatérales, notamment en critiquant l’ambition d’élargir le Mondial à 64 équipes.
Perspectives de réélection
Infantino, unique candidat déclaré à la présidence, devra obtenir le soutien de la majorité des 211 fédérations membres lors du scrutin prévu en mars 2027 à Rabat. Jusqu’ici, la Finlande, le Pays de Galles, la Serbie et la Suède ont officiellement retiré leur appui.
Des personnalités du football, comme l’ex‑international portugais Luis Figo, ont publiquement réclamé le départ d’Infantino, le qualifiant de « vestige du passé ». Le prince Ali ben Al Hussein, président de la fédération jordanienne, l’accuse également de « chantage » pour obtenir le soutien de son association.
Le silence qui entoure la réunion marocaine souligne l’intensité des luttes de pouvoir au sein de la FIFA, alors que la prochaine échéance électorale s’annonce comme le véritable champ de bataille.