Fabio Quartararo a vu ses 11 points de la 11e place à Silverstone annulés après une pénalité de 16 secondes liée à un capteur de pression non reconnu par le système du championnat.
Une omission de configuration sur la Yamaha
Le capteur installé sur la roue avant de la moto était parfaitement fonctionnel, mais l’identifiant du dispositif ne figurait pas dans la « permit list » du récepteur TPMS. Ce manquement, imputable à l’équipe Yamaha, constitue une infraction au règlement technique (article 2.4.4.9.1) qui oblige chaque constructeur à enregistrer ses capteurs avant chaque course.
OnRace Motorsports, fournisseur toulousain du système de surveillance de pression, fournit les capteurs et le boîtier récepteur à tous les concurrents ; la responsabilité de l’enregistrement incombe ensuite aux constructeurs.
Détection du défaut pendant le Grand Prix
Au cours de la course, le flux de données du capteur avant n’a jamais atteint le serveur du championnat. Danny Aldridge, directeur technique du MotoGP, a demandé à OnRace d’analyser le problème dès la fin de la séance.
Le premier contrôle a consisté à comparer la pression mesurée localement par l’instrument de l’équipe avec celle relevée par Michelin via un manomètre. Les deux relevés étaient identiques, confirmant le bon fonctionnement du capteur.

Le capteur était présent, mais non lisible
Les investigations ont ensuite porté sur la communication entre le capteur et le récepteur embarqué. Le diagnostic a révélé que le récepteur n’avait aucune entrée correspondant à l’identifiant du capteur avant, ce qui a empêché la transmission des données vers le système de contrôle en temps réel.
En l’absence d’identifiant, le logiciel de surveillance considère que le pilote ne respecte pas les exigences de pression, d’où la sanction de 16 secondes.

Cadre réglementaire et procédures de contrôle
Le championnat utilise le TPMS depuis 2023 pour garantir la sécurité et l’équité. Un capteur défaillant ou non déclaré déclenche une procédure de vérification : les équipes doivent d’abord confirmer le bon fonctionnement matériel, puis s’assurer que chaque identifiant est bien intégré dans la mémoire du récepteur.
Si la partie électronique fonctionne mais que l’enregistrement fait défaut, la responsabilité revient entièrement à l’équipe, conformément aux exigences de la « permit list » qui associe chaque capteur à la roue concernée.
Conséquences et enseignements pour les constructeurs
Outre la perte de points pour le pilote, l’incident souligne la nécessité d’un double contrôle systématique avant le départ : vérification des batteries du capteur, mise à jour de la liste d’identifiants et validation du flux de données entre le récepteur et le calculateur de la moto.
Cette première omission depuis l’introduction du suivi de pression indique que les procédures d’audit interne doivent être renforcées pour éviter que des erreurs humaines n’entraînent des pénalités évitables.

Le cas Quartararo rappelle que la conformité technique, plus que la performance pure, pèse lourdement sur le résultat final d’un week‑end MotoGP.