Une empreinte carbone record pour la Coupe du monde 2026
Selon Scientists for Global Responsibility, la prochaine édition de la Coupe du monde, qui débute le 11 juin en Amérique du Nord, générera plus de 9 millions de tonnes de CO₂ en six semaines, soit l’équivalent des émissions annuelles de la ville de Paris.
Le transport des supporters, facteur principal
Alain Lemoine, chargé de projet sport au Shift Project, précise que le déplacement des spectateurs représente entre 80 % et 90 % du total des émissions, éclipsant la part du stade, de la climatisation ou du matériel promotionnel.
Avec plus de 4 000 km séparant les sites de Mexico à Toronto, les fans devront parcourir de longues distances, accentuant l’impact environnemental déjà alarmant.
Expansion du tournoi et multiplication des matchs
Passée de 32 à 48 équipes, la FIFA a programmé 104 rencontres d’ici le 19 juillet 2026, entraînant une affluence record dans les stades et, par extension, une hausse proportionnelle des déplacements.
Les organes décisionnels projettent d’ajouter deux équipes supplémentaires pour l’édition 2030, qui s’étendra sur trois continents, ce qui multiplierait encore le bilan carbone.
Partenariats contradictoires avec des pollueurs majeurs
Le contrat avec Coca‑Cola, leader mondial du plastique à usage unique, ainsi que les accords avec Qatar Airways et la compagnie pétrolière Aramco – responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre – illustrent une incohérence entre les engagements affichés et les pratiques financières de la FIFA.
Ces alliances renforcent le paradoxe entre les promesses prises à la COP 26, où la FIFA s’était engagée à réduire de moitié ses émissions d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2040, et les réalités observées sur le terrain.
Répercussions médiatiques et réponses institutionnelles
Le « porte‑bonheur » offert aux Bleus par la ministre des Sports a été débattu à l’Assemblée, soulignant la pression politique croissante autour du sujet environnemental.
Malgré le recul des critiques, aucune mesure concrète ne semble être prise pour compenser les déplacements massifs, laissant la communauté internationale en attente d’actions tangibles.
En l’absence d’une refonte du modèle logistique, la Coupe du monde 2026 risque de rester l’événement sportif le plus polluant de l’histoire, un record que les instances écologiques ne semblent pas prêtes à effacer.