Madring : le futur berceau du Grand Prix d’Espagne
Le tracé de 5,4 km, bâti autour du parc d’expositions IFEMA, s’apprête à accueillir la Formule 1 dès septembre, marquant le premier Grand Prix d’Espagne sur le territoire madrilène après 45 ans d’absence depuis le circuit de Jarama.
Le virage Monumental, une prouesse d’ingénierie
Long de 550 m, le virage baptisé « Monumental » impose une inclinaison maximale de 24 % et forme un arc de 270° qui surprend les pilotes dès l’entrée grâce à un profil variable et une sortie en montée.
Les simulations suggèrent que les monoplaces franchiront ce banc à plus de 280 km/h, créant ainsi un point de dépassement potentiel sur la gauche qui suit, où l’air pur pourra être exploité selon la hauteur atteinte dans la courbe.
Carlos Sainz, ambassadeur du circuit, a souligné la singularité du banking, le qualifiant de « character‑driven » et affirmant qu’aucun autre tracé actuel ne propose une telle combinaison de vitesse et de changement de niveau.

Infrastructure, capacité et accessibilité
La partie permanente, de 2,2 km, s’étend sur un ancien site de festivals, offrant aux voitures modernes l’espace nécessaire pour exploiter leur potentiel aérodynamique.
Les tribunes, conçues pour accueillir 98 000 spectateurs sur les 110 000 attendus, seront réparties entre une zone nord à caractère traditionnel et un secteur sud orienté vers le Paddock Club et les espaces VIP.
Le projet mise sur les transports publics : la zone nord sera desservie par le train de banlieue, tandis qu’une station de métro reliera directement le paddock, supprimant ainsi les embouteillages classiques des circuits urbains.

Défis juridiques et opposition locale
Des associations de riverains ont d’abord retardé les travaux, invoquant des procédures judiciaires qui ont mené à des manifestations sous le drapeau espagnol, où les slogans « Stop Formula 1 » ont ponctué la levée du drapeau près du virage 3.
Selon Luis García Abad, directeur du projet, le circuit sera actif environ 14 heures par an, un « sacrifice limité » compensé par la hausse de la valeur immobilière et l’émergence de nouveaux hôtels dans la zone.
Le directeur des opérations de l’IFEMA, Carlos Jiménez, a indiqué qu’une majorité (plus de 60 %) des spectateurs se regroupera dans le nord, tandis que la partie sud accueillera les zones d’hospitalité, reflet d’une stratégie de diversification de l’expérience.

Premières impressions et perspectives 2024
Le bus de visite a permis aux journalistes d’observer de près la fan zone encore sablonneuse, ainsi que les deux ponts autoroutiers qui séparent le nord du parc IFEMA, signant une division physique mais pas fonctionnelle du tracé.
Avec une ligne droite entre les virages 3 et 5, les pilotes disposeront d’une zone propice aux dépassements avant d’aborder la chicane serrée, tandis que les virages à 90° du secteur urbain offriront un contraste saisissant avec la rapide portion permanente.
Les organisateurs reconnaissent que la première édition comportera des ajustements, mais misent sur l’expérience accumulée de l’IFEMA, qui gère plus d’une centaine d’événements majeurs chaque année, pour livrer une course « exigeante pour les pilotes et les voitures », comme le décrit Abad.

Le Madring pose ainsi les jalons d’un Grand Prix où l’audace technique se conjugue à une accessibilité urbaine, promettant aux équipes comme aux fans une saison 2024 mémorable.