Ian Cathro, le nouveau technicien écossais d’AS Saint‑Étienne, a déclaré que maîtriser le français était une condition sine qua non pour exercer à Saint‑Étienne, même si cela implique d’apprendre la langue tout en gérant l’équipe.
Un engagement linguistique dès le premier jour
Arrivé dans le Forez le 8 juin, Cathro a d’abord visité le musée des Verts, où il a souligné le lien entre l’histoire du club et son propre parcours professionnel, avant de prendre la parole lors de sa conférence d’intronisation en avouant que son français était “débutant” et qu’il souhaitait poursuivre en anglais tant que la maîtrise ne serait pas suffisante.
Il précise que parler la langue du pays n’est pas une contrainte imposée par la direction ; c’est un choix personnel partagé avec le directeur sportif, Huss Fahmy, qui, lui, continue de s’exprimer en anglais lors des points presse.
Pourquoi le français plutôt que l’anglais ?
Pour Cathro, le respect de l’histoire du club et la volonté d’être intégré dans la culture locale priment sur la facilité de communiquer en anglais, langue commune parmi les joueurs étrangers. Il argue que le français, en tant que langue officielle du club depuis plus d’un siècle, crée un cadre de cohésion indispensable.
Il rappelle également que la Coupe d’Europe 1976, fameuse finale à Hampden Park, reste un repère historique pour les Verts, et que le nouveau technicien, lui‑même écossais, veut honorer cette mémoire en adoptant le français.
Stratégie d’apprentissage et soutien interne
Le staff a fait appel à un professeur de portugais, langue que Cathro maîtrise déjà depuis son passage à Rio Ave avec Nuno Espírito Santo en 2012, pour faciliter la transition vers le français grâce à la proximité des langues latines. Deux sessions de visio‑cours hebdomadaires, agrémentées de vidéos provenant des réseaux sociaux des clubs français, constituent le cœur de son programme.
Parallèlement, il a demandé aux joueurs d’apporter leur contribution : chaque membre du groupe, qu’il s’agisse du danois Jakob Breum, du garde‑niguel Mamour Ndiaye ou du géorgien Davitachvili, doit accepter de répondre à quelques questions simples en français, afin de créer un environnement multilingue mais tourné vers le français.
Réactions du vestiaire et mise en pratique
Le capitaine Julien Le Cardinal a confirmé sur RMC le 4 août que l’ensemble de l’effectif devait fournir un effort, notant même que certains coéquipiers offrent désormais des cours d’anglais aux autres. Sohaib Naïr, défenseur franco‑algérien, a souligné que le mélange de langues resterait nécessaire sur le terrain, mais que la progression en français était cruciale pour éviter les malentendus.
Ian Cathro rappelle que celui qui choisit Saint‑Étienne ne s’attend pas à une “vie facile” ; il faut donc privilégier la communication en français plutôt que de céder à la facilité de l’anglais.
Perspectives à moyen terme
Si la démarche linguistique se montre ambitieuse, elle s’inscrit dans une vision globale : renforcer le sentiment d’appartenance au club, améliorer les échanges tactiques et, à terme, contribuer à la remontée en Ligue 1. La saison en cours, marquée par la victoire 3‑0 à Clermont, montre que l’équipe peut progresser malgré les défis culturels, et que le travail linguistique pourrait devenir un facteur différentiel dans les prochains matchs.