Mariano Rajoy a déclaré que l’équipe de France ne comptait « aucun joueur français », des propos immédiatement qualifiés de racistes par les responsables des deux pays.
Réactions officielles
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a décrit l’intervention comme « pathétique », rappelant que « la France n’a pas de couleur de peau » et qualifiant toute distinction à ce titre d’« idiotie » ou de « racisme ». Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a dénoncé les « relents de racisme intolérables » et souligné que l’équipe représente la nation, non l’héritage d’un ancien chef d’État.
Pedro Sánchez, actuel premier ministre espagnol, a publié un message sur X dénonçant le critère du nom de famille ou de la couleur de peau pour juger l’appartenance nationale, sans mentionner directement Rajoy. Il a ajouté que le sport, le soin des aînés ou la création d’entreprises sont les vraies mesures de contribution à un pays.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a appelé le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, à prendre ses distances avec les propos de Rajoy, soulignant la nécessité d’un discours responsable au sein du parti au pouvoir.
Contexte de la polémique
Ces commentaires ont été publiés dans le quotidien « El Debate » le 10 juillet, quelques jours avant la demi‑finale de la Coupe du monde opposant la France à l’Espagne à Dallas. Rajoy, qui a exercé les fonctions de premier ministre de 2011 à 2018, a souligné la solidité de l’effectif français tout en affirmant qu’il manquait « des joueurs français ».
Le gouvernement socialiste espagnol, dirigé par Sánchez, a rapidement condamné l’intervention, rappelant que le racisme n’a pas sa place dans le sport international.
Antécédents de tensions raciales
Le scandale n’est pas isolé ; au premier tour de la même compétition, le capitaine français Kylian Mbappé avait dénoncé les remarques d’une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla, qui avait ridiculisé ses origines et son apparence après la victoire de la France en huitièmes de finale.
Ces épisodes illustrent la persistance de sous‑tonalités discriminatoires au cœur d’une Coupe du monde où chaque équipe porte la représentation nationale au plus haut niveau.