Podium de Gasly contesté : où en est la procédure et quelles seront les suites ?

Podium contesté de Gasly : où en est la procédure et quelle est la suite ?
Podium contesté de Gasly : où en est la procédure et quelle est la suite ?

McLaren et Red Bull portent l’affaire Gasly devant la Cour d’appel internationale de la FIA

Après l’annulation des pénalités de temps infligées à Pierre Gasly lors du Grand Prix de Monaco, les deux écuries ont officiellement déposé un appel, ouvrant la voie à une audience à Genève.

Pourquoi la décision des commissaires a‑t-elle été remise en cause ?

Le weekend monégasque du 7 juin a vu plusieurs pilotes dépasser la limite de vitesse dans la voie des stands : Gasly, Franco Colapinto, Oscar Piastri, George Russell et Lewis Hamilton. Une boucle de chronométrage défectueuse, propre au circuit de Monaco, a faussé la détection de la transgression.

Tous les concernés, sauf Gasly et Colapinto, avaient déjà purgé leurs sanctions en course. Le Français a vu deux ajouts de cinq secondes appliqués après l’arrivée, le reléguant de la troisième à la septième place.

Alpine a alors demandé un droit de révision. Les commissaires, lors du Grand Prix d’Espagne, ont annulé les deux pénalités, rétablissant Gasly sur le podium et faisant reculer Isack Hadjar (Red Bull) à la quatrième place ainsi qu’Oscar Piastri, qui avait déjà servi sa sanction.

Les griefs de McLaren et Red Bull

McLaren, dans une déclaration du 16 juin, a indiqué contester les documents 99, 100 et 101 du week‑end monégasque, estimant que Gasly a bénéficié d’un traitement inégal ; il n’a jamais purgé la pénalité alors que les pilotes de l’écurie ont respecté les procédures en course.

« Même si nous respectons les procédures judiciaires de la FIA, cette affaire soulève des questions d’équité sportive et de cohérence réglementaire », a affirmé le porte‑parole de McLaren.

Red Bull, selon Motorsport.com, a soumis un appel similaire, arguant que la décision crée un précédent dangereux où les pilotes pourraient volontairement éviter de purger des pénalités pour les contester après coup.

Comment ce recours diffère du droit de révision de Mercedes ?

Mercedes avait, le 15 juin, demandé un droit de révision concernant la pénalité drive‑through de George Russell, dont la course était compromise. Le droit de révision exige la présentation d’éléments nouveaux et pertinents, généralement traités par visioconférence avec les commissaires du Grand Prix.

Après discussions avec la FIA, Mercedes a retiré sa demande, jugeant impossible l’annulation de la sanction de Russell.

George Russell a vu son Grand Prix de Monaco compromis après un drive through pour excès de vitesse dans les stands.

Le rôle et la composition de la Cour d’appel internationale

La Cour, indépendante de la structure de la FIA, réunit 36 juges élus à l’Assemblée générale. Pour chaque affaire, le président Lauren Anselmi (Monaco) désigne au moins trois juges qui président l’audience.

Les appelants doivent transmettre leurs arguments en français et en anglais dans les quinze jours suivant la confirmation de l’appel, accompagnés des pièces justificatives. La partie adverse dispose ensuite de quinze jours pour répondre, suivis d’un délai minimum de quinze jours avant la tenue de l’audience.

Calendrier prévisionnel et enjeux

Les deux équipes n’ont pas encore reçu de convocation officielle ; l’audience devrait se placer au cours du mois de juillet. Durant l’audience publique, chaque partie exposera ses arguments, avec possibilité d’interroger témoins ou experts. La décision finale sera rendue à la majorité simple, le président départageant les égalités, puis communiquée à la FIA.

Quel qu’en soit le résultat, le verdict fixera les limites de l’utilisation du droit de révision et influencera la stratégie des équipes concernant les pénalités en course.