L’ASA supporte le Sénégal – tel est le message qui s’affiche sur la gigantesque banderole accrochée à l’entrée de l’Association des Sénégalais d’Amérique, flanquée des couleurs du drapeau et du slogan « une nation, une fierté, un lion ».
Une enclave africaine au cœur de Harlem
Le quartier alentours, surnommé « Little Sénégal », regroupe entre 10 000 et 20 000 ressortissants sénégalais, dont beaucoup se sont installés autour de la 116ᵉ rue dès leur arrivée à New York. On y rencontre coiffeurs, épiceries et restaurants typiques, ainsi que des commerces représentant d’autres nations africaines.
Lamine, verre d’eau à la main, explique que l’énergie collective du quartier porte les Lions de la Teranga : « on s’en sortira, on va taper fort, on est confiants, préparez le 3‑0 ! »
Ali, conducteur de camion, arbore fièrement le maillot vert et lance « Défaite de la France, demain ; on va manger le coq ! », même si l’équipe n’a pas encore remporté le dernier match de préparation.
Rejets de visas : un handicap pour la diaspora
Les Sénégalais de New York avaient prévu de se rassembler à Times Square après le public français, mais les restrictions de visa américaines limitent fortement la présence des supporters et même des journalistes, dont certains n’obtiennent qu’une entrée ponctuelle du pays. Le match de la sélection se jouera, lui, au Canada.
Aziz, vêtu du maillot de l’OM, rappelle le triomphe de 2002 contre la France et estime que l’effectif actuel représente « le meilleur de l’Afrique, dynamique et professionnel ». Assia, coiffeuse, se souvient de l’euphorie vécue alors qu’elle était encore petite.
Si le MetLife Stadium attend environ 5 000 supporters français, aucune estimation fiable ne peut être avancée pour les fans sénégalais, la politique de refus de visas compliquant leurs déplacements.
La perspective d’une victoire sénégalaise contre les Bleus resterait, selon les habitants du quartier, une bouffée d’espoir capable d’alléger la frustration d’une communauté dont la présence sur le sol américain reste contrainte.