FIFA impose un protocole linguistique draconien à la Coupe du monde : « En español, no »

“En español, no” : pendant la Coupe du monde, la Fifa fait appliquer un strict protocole linguistique
“En español, no” : pendant la Coupe du monde, la Fifa fait appliquer un strict protocole linguistique

Le match du groupe C opposant le Maroc au Brésil s’est soldé par un 1-1 mérité, mais c’est la conférence de presse d’avant‑match qui a défrayé la chronique.

Un nul qui a surpris le groupe C

Dans la nuit du 13 au 14 juin, les Lions de l’Atlas ont tenu tête à la Seleção, créant une impasse dès la 23ᵉ minute avant que le Brésil ne réponde deux minutes plus tard. Le point partagé a conservé la tension du groupe, chaque équipe restant en lice pour la qualification.

Quand le français et l’anglais ont été relégués au second plan

Alors que le journaliste mexicain Rodrigo Ornelas tentait d’interroger le défenseur Achraf Hakimi en espagnol, un modérateur de la FIFA a immédiatement interrompu, rappelant que la langue espagnole n’était pas permise dans le dispositif prévu. Hakimi, né à Madrid et parfaitement bilingue, a indiqué comprendre la question et s’est engagé à répondre en anglais.

Cette intervention a déclenché une vague de spéculations sur les réseaux sociaux, certains avancant l’idée d’un « veto » de l’espagnol, langue officielle du Mexique, co‑organisateur du Mondial, et deuxième langue la plus parlée aux États-Unis.

Le cadre réglementaire de la FIFA

Selon la FIFA, les questions sont autorisées uniquement en anglais et dans les langues officielles des deux équipes concernées. Dans le cas Maroc‑Brésil, les langues admissibles étaient l’anglais, le portugais, l’arabe, le français – répandu au Maroc après la période coloniale – et, à la demande du Brésil, l’italien pour le sélectionneur Carlo Ancelotti.

Le règlement vise à garantir la fluidité des échanges et à faciliter le travail des traducteurs en temps réel, explique le quotidien mexicain Excélsior. Aucun texte officiel n’interdit l’espagnol ; la restriction était purement logistique.

Enjeux linguistiques au cœur du tournoi

Le cas souligne la complexité d’organiser une compétition mondiale où plus de vingt langues coexistent, chaque décision réglementaire ayant un impact immédiat sur la couverture médiatique et la perception du public.

La controverse rappelle que, dans un événement où chaque détail compte, la maîtrise du protocole linguistique peut vite devenir la partie la plus disputée du match.