Le propriétaire du bar du Nord de Paris, Roméo, anticipe la consommation de plus de deux mille litres de bière dès le premier week‑end de la Coupe du monde 2026, un volume qui dépasse largement ses ventes habituelles.
Une soirée historique pour le bar de Roméo
Le jeudi 11 juin, vingt‑cinq écrans diffusent le match d’ouverture entre les États‑Unis et le Paraguay, attirant près de deux cents supporters mexicains sous la constellation de drapeaux représentant les quarante‑huit nations qualifiées. Face à l’engouement, Roméo a doublé son personnel, installé une TV supplémentaire au sous‑sol et augmenté son stock de sécurité de bière, estimant que le pic d’affluence pourra atteindre trois mille litres, contre cinq cents litres lors d’une soirée classique.
Youssem double la production de pizza
Dans la même rue, le pizzeria dirigée depuis dix ans par Youssem se prépare à soutenir la frénésie foot en renforçant son équipe de cuisine de cinq serveurs supplémentaires. Habituellement, la pizzeria réalise soixante à soixante‑dix pizzas le soir ; à l’approche de chaque match de l’équipe de France, Youssem prévoit de doubler ce chiffre, stockant davantage de farine et de pâtes. Il a même remonté une télévision du sous‑sol pour offrir une visibilité accrue aux clients, prévoyant que les plateformes de livraison pourraient amplifier la demande.
Météo clé et retombées économiques
Contrairement à la coupe du monde 2022, qui s’est déroulée en plein hiver, la fenêtre estivale de 2026 bénéficie de températures clémentes, favorisant l’occupation des terrasses. Selon Franck Delvau, porte‑parole de l’Umih en Île‑de‑France, un match majeur sous beau temps peut générer une hausse de chiffre d’affaires de vingt à trente pour cent pour les établissements de restauration. Cependant, le décalage horaire crée un obstacle : certains affrontements débutent à trois ou cinq heures du matin, limitant l’accès aux retransmissions en direct.

En combinant hausse des ventes de bière, multiplication des pizzas et conditions climatiques favorables, les restaurateurs du Nord parisien s’apprêtent à transformer la Coupe du monde 2026 en un sprint économique décisif.