Coupe du monde 2026 : le maillot colombien au centre d’une crise politique pré-Mondial

Coupe du monde 2026: pourquoi le maillot de la Colombie est au coeur de tensions politiques avant le Mondial
Coupe du monde 2026: pourquoi le maillot de la Colombie est au coeur de tensions politiques avant le Mondial

Abelardo de la Espriella, avocat milliardaire et candidat de droite, a brandi le maillot de l’équipe nationale colombienne lors de son meeting dimanche, déclenchant l’accusation d’« appropriation » lancée par son opposant de gauche, Ivan Cepeda.

Le maillot comme arme politique

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a déjà transformé le maillot de son pays en emblème partisan ; de la Espriella reproduit le même procédé, revêtant le jaune tricolore pour mobiliser l’engouement autour de la Coupe du monde à venir.

Lors de la soirée de campagne, l’homme, son épouse et leurs quatre enfants arboraient identiquement le maillot, tentant ainsi de lier passion sportive et soutien électoral, comme l’a souligné l’anthropologue David Quitian.

« Depuis quand le maillot devient la propriété d’une campagne ? », a rétorqué Cepeda, insistant que le symbole appartient à « tous les Colombiens ».

Résultats du premier tour et perspectives du second

Le scrutin du 2 mai a donné 43,7 % des voix à de la Espriella contre 40,9 % pour Cepeda, obligeant les deux leaders à se préparer pour le second tour du 21 juin, où sécurité et lutte contre les guérillas et cartels seront les principaux enjeux.

Âgé de 47 ans, le néophyte politique a vu son programme sécuritaire propulser la droite latino‑américaine, tandis que le candidat de gauche, 63 ans, vise à reconquérir le terrain perdu grâce à une campagne centrée sur l’unité nationale.

Symbolisme et réactions des candidats

Cepeda a dénoncé le « vol du maillot » comme une dérive de la part de de la Espriella, qui aurait ainsi détourné le symbole patriotique à des fins de promotion électorale.

De la Espriella, quant à lui, affirme que le maillot sert à unir « passion sportive et passion politique », capitalisant sur l’excitation nationale avant le premier match de la Colombie contre l’Ouzbékistan le 17 juin.

Le duel de Bogota s’intensifie, chaque camp mobilisant le même drapeau pour convaincre les électeurs à l’aube du Mondial.