Nous avons quitté le Pirelli Track Day organisé le lendemain de la manche Superbike à Misano avec l’espoir de tester les pneus Pirelli dans de meilleures conditions. A cette occasion, le temps nous avait créé plus d’un casse-tête. J’espérais depuis des semaines qu’un beau soleil reviendrait, et mon vœu s’est exaucé. Trop j’ose dire… Vous souvenez-vous de la manche du Mondial Superbike à Imola ? Les images des pilotes qui se sont battus presque plus dans la chaleur que contre leurs adversaires vous seront restées bien impressionnées. Le lendemain, c’était mon tour, et je peux vous assurer que leurs grimaces n’avaient rien de théâtral. Avec 38 degrés, piloter une moto n’est pas facile.
Imola : légende et luxure
Cependant, toute cette chaleur était supportable lorsque le mot “moto” a commencé à être associé à la piste d’Imola. Tourner dans ce lieu mythique est un véritable plaisir. Encore plus quelques heures plus tard Toprak, Bautista, Bassani (nous ne sommes pas apparentés :-)) et tout le reste de la compagnie. A Misano, j’ai eu le plaisir de tester sur piste les Pirelli Diablo Supercorsa V4 SP, des pneus route ultra performants qui convenaient aussi parfaitement à un usage compétitif, entre les vibreurs. Cette fois, cependant, le nouveau Pirelli Diablo Supercorsa SC3 sculpté a été testé. Note technique : les Pirelli Diablo Supercorsa V4 SP ont, sur les flancs, le même composé SC3 que les pneus utilisés dans ce test.
L’asphalte chaud, l’adrénaline à mille
Le contact a eu lieu, comme je l’ai dit, l’un des jours les plus chauds de l’année. C’est-à-dire dans des conditions vraiment extrêmes : à 4h de l’après-midi j’ai pris la piste avec l’asphalte à 65°C ! J’ai roulé avec trois motos différentes : Yamaha R6 GYTR, Aprilia RS 660 Extrema et Ducati Panigale V2 cerise sur le gâteau. C’était ma première fois sur la piste d’Imola qui, comme tout le monde le sait, est l’une des pistes les plus difficiles. Là-dedans, vous vous retrouvez face à de nombreux hauts et bas, des angles morts et les voies d’évacuation sont un peu démodées, c’est-à-dire réduites au minimum. Tout cela en fait également le circuit le plus excitant. Une fois qu’on s’y est habitué, il n’y a plus de place que pour s’amuser.
Yamaha R6 GYTR
R6 est un acronyme qui n’a pas besoin d’être présenté. La Yamaha de taille moyenne est l’un des hypersports les plus anciens. La configuration GYTR lui a donné un avantage merveilleux. Polyvalent, avec un réglage très racing, il s’adapte très bien au tracé de la piste d’Imola. Exploitable surtout dans les variantes, où beaucoup d’agilité est requise pour effectuer le changement de direction. Je l’ai choisie pour faire mes premiers pas, mieux les premiers tours, sur la piste d’Imola.
Lorsque vous descendez de la variante Gresini (l’ancienne Variante Alta) et que je me lance à toute vitesse vers la Rivazza, il est juste de compter sur vos pneus (en plus des freins). Je dois dire que la R6 est déjà lourdement chargée à l’avant et dans ces moments-là, on sent vraiment la pente de la piste, mais avec les Pirelli SC3 fournis, la moto n’a pas bougé même à ce point exigeant. Pendant le quart de travail, les températures de l’asphalte et de l’air étaient encore supportables. La Yamaha R6 est toujours verte, ce qui, grâce au package GYTR, en fait toujours la 600 à battre.
Ducati Panigale V2
Il n’est pas facile de décrire le frisson de pouvoir parcourir les virages d’Imola à moto, mais le faire avec une Ducati rend l’expérience inoubliable. Bien qu’il ne s’agisse pas de l’aînée des V4, la Panigale V2 ne manque certainement pas de puissance. Pour un 155 HP Mille, c’est un vélo agile et la position de conduite est ergonomique. Vous êtes facilement à l’aise, à tel point que cela inspire confiance même lorsqu’il s’agit d’ouvrir les gaz. À ce moment-là, vous comprenez très bien que… vous roulez mille ! . Le moteur bicylindre de Ducati n’a plus besoin d’être présenté. Le test Panigale V2 a eu lieu lors de la session la plus chaude. Les conditions de piste avaient changé par rapport à la session que j’avais eue avec la Yamaha R6. L’air était devenu vraiment ardent et le moteur a rapidement atteint le seuil des 100 degrés.
Comment je me suis retrouvé
Les aspects surprenants de cette moto sont : sa compacité (bien qu’elle soit mille) et la réponse jamais agressive du moteur. Il réussit toujours à mettre en confiance et donc on peut pousser de plus en plus à chaque tour, l’électronique est présente mais jamais intrusive. L’adhérence offerte par le Pirellis permet de tirer le meilleur parti de ce petit mais très agile mille. C’est la combinaison parfaite du moteur, du châssis et de l’électronique. Compte tenu des températures élevées avant le virage Rivazza, j’ai senti les Pirelli SC3 glisser légèrement, rien à craindre. Comme mentionné précédemment, la température de l’asphalte était très élevée et il est normal qu’il y ait eu du mouvement.
Aprilia RS 660 Extreme
Je voulais terminer le test en prenant le petit qui donne beaucoup de satisfaction à Noale. J’étais très content de l’essayer une seconde fois car cela m’a fait apprécier davantage ses qualités. Sur une piste comme celle d’Imola, tout motard peut s’amuser avec ce vélo sans trop de soucis. C’est à juste titre la voiture de sport la plus vendue en Europe. Le moteur bicylindre est doux dans sa livraison, la légèreté et son ergonomie permettent une conduite facile, incroyable de penser qu’il ne pèse que 166 kg. La confiance est vraiment grande et la position qui est équilibrée dans la partie centrale est également valable sur la piste, malgré le fait que sur la ligne droite on sent le réservoir quand on arrive derrière le carénage.
Adhésion sans rabais
Ce vélo est un petit bijou et peut vraiment être utilisé par tout le monde. Elle ne vous offre pas une réactivité comme la Panigale V2 et la Yamaha R6 mais son agilité et sa vitesse en virage permettent de récupérer n’importe quel écart. Les Pirelli SC3 dont était équipée l’Aprilia RS 660 me garantissaient une adhérence sans aucune perte d’adhérence, du freinage jusqu’au virage en passant par la sortie. Avec une adhérence et une stabilité de ce genre, l’électronique n’a jamais eu à intervenir.
Et enfin…
Les pneus Pirelli Diablo Supercorsa SC3 sont de véritables pneus capables de s’adapter même aux températures extrêmes sur l’asphalte de la piste. Considérant qu’il s’agit du composé le plus dur parmi ceux que Pirelli met à disposition pour une utilisation sur piste (rappelez-vous les SC2, SC1, SC0, SCX et SCQ), je peux dire qu’ils m’ont toujours garanti une adhérence exceptionnelle. En augmentant la puissance (comme dans le cas du test avec la Panigale V2), le composé a tendance à être soumis à une plus grande contrainte et un certain mouvement se fait sentir, mais tout est normal pour ceux qui ont l’habitude de vivre leur passion entre les bordures. Je ne m’attendais pas à ce que la gomme s’use aussi uniformément, ni qu’elle m’aurait permis de toujours garder un maximum de confiance avec les trois motos, chacune avec des caractéristiques et des puissances complètement différentes.
Je tiens à remercier profondément tout le personnel, techniciens et mécaniciens Pirelli qui ont permis de trouver des vélos impeccables et qui ont travaillé sur une journée vraiment infernale, riche en émotions pour tout le monde. Imaginez pour moi ! Je suis rentré à la maison avec une pensée pressante dans la tête : à quand la prochaine fois ?
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