Grand Prix d’Allemagne 1976 : le jour où Niki Lauda a frôlé la mort
Le 1 août 1976, sous une pluie torrentielle, la Ferrari 312T 2 de Niki Lauda a quitté la piste du Nürburgring et a été engloutie par les flammes, un incident qui a failli coûter la vie au champion du monde en titre.
Une saison déjà en marche pour le champion autrichien
Après trois années discrètes avec March et BRM, Lauda était devenu le fer de lance de Ferrari dès 1974. En 1975, la nouvelle 312T lui a permis de décrocher cinq victoires et de remporter son premier titre mondial à seulement 26 ans.
Au début de 1976, il dominait les premiers Grands Prix, ajoutant des succès à Spa, Monaco et Brands Hatch, creusant ainsi un avantage confortable sur son principal rival, James Hunt, qui venait de prouver sa valeur avec des victoires à Jarama et au Castellet.
Le vote qui a scellé le déroulement du Nürburgring
Conscients du danger que représente le circuit de 22,8 km avec ses 154 virages, la plupart des pilotes, Lauda en tête, avaient demandé l’annulation de la manche allemande. Un scrutin a finalement validé la course à une voix près, malgré les conditions météorologiques désastreuses.

La séance de qualification du vendredi, fortement affectée par la pluie, a laissé James Hunt en pole position, suivi de près par Lauda.
L’accident, l’extrême‑onction et les secours
Au départ, Clay Regazzoni a surpris tout le monde en menant avant de perdre rapidement du terrain, laissant Hunt reprendre la tête. La course est alors devenue un ballet de changements de pneus, Jochen Mass s’emparant du premier rang.
Dans le virage « Bergwerk », la Ferrari n°1 a dérapé, percuté le rail de sécurité, pris feu et a été heurtée par les Hesketh d’Harald Hertl et de Brett Lunger. Les quatre pilotes ont arrêté leurs monoplaces pour aider le pilote autrichain, alors coincé dans l’enveloppe enflammée.
Lauda, gravement brûlé au visage et aux mains, a reçu l’extrême‑onction avant d’être pris en charge par les services d’urgence d’Adenau, puis transféré à l’hôpital de Coblence et enfin au centre de traitement des grands brûlés de Ludwigshafen.
Retour sur les circuits et bataille pour le titre
Deux courses manquées plus tard, Lauda a repris les stands de Monza seulement six semaines après l’accident, alors que Ferrari avait déjà aligné Carlos Reutemann comme remplaçant.
En Italie, il a terminé quatrième, puis a ajouté deux victoires au Canada et aux États-Unis, réduisant l’écart avec Hunt qui, à Fuji, menait le championnat de trois points.
Lors du dernier Grand Prix du Japon, la pluie a forcé Lauda à abandonner dès le deuxième tour, consciente que Hunt n’aurait pas besoin de plus que la troisième place pour s’emparer du titre. Hunt a finalement décroché la troisième position et a remporté le championnat d’une seule point.

Après 1976, Lauda a repris la Scuderia en 1977 pour un dernier titre, avant de rejoindre Brabham puis de revenir chez McLaren pour un deuxième champion en 1984.
Une leçon d’endurance qui a marqué l’histoire de la F1
Le drame du Nürburgring a conduit à la suppression de la Nordschleife du calendrier, renforçant les exigences de sécurité qui définissent aujourd’hui le sport automobile.