Au parc Galliano, vous commencez à apercevoir les bordures, un peu d’asphalte, mais la route est encore longue et tout en montée. Le propriétaire Manuel Fantini et son équipe travaillent sans relâche depuis quarante jours, submergés par des problèmes de toutes sortes. Leur maison a été détruite (notre vidéo) et la piste est toujours recouverte de boue séchée. Manuel semble éprouvé sur le plan physique mais sur le plan psychologique, il fait preuve d’une grande force. L’affection que lui témoignait la grande famille du sport automobile était et reste très importante pour lui. Nous sommes retournés au parc Galliano pour démontrer notre proximité et voir comment se déroule la reconstruction.
“Nous travaillons dur, dégageant la piste mètre par mètre – Manuel fantini raconte Corsedimoto – Grâce à l’intervention des pompiers nous pouvons compter sur des professionnels et nous économisons chaque jour de 300 à 400 euros de gasoil que nous aurions autrement utilisé pour nos véhicules. Grâce à leur intervention, dès le 32e jour, on peut souffler un peu, mettre de côté l’argent qui reste des dons pour essayer de refaire la clôture au plus vite”.
Vous attendiez-vous à une telle proximité ?
“Je m’y attendais un peu car en sport automobile nous sommes une grande famille mais c’était une chose incroyable : même des réalités que je n’aurais pas imaginées m’ont soutenu. J’ai reçu de l’aide de rallyes, de slalom, de cross, de mini motos, de karts… Dans toutes les régions il y a ceux qui nous aident, nous organisent des événements caritatifs ».
Parmi les Loris Reggiani les plus actifs avec l’initiative “SOS Galliano”.
“Loris Reggiani est le frère de ma mère et il est toujours actif dans la sphère sociale, alors étant un parent, j’en étais sûr ainsi que de nombreux autres coureurs. Je ne m’attendais pas au soutien des associations à la place. Par exemple, la Coppa Romagna Slalom nous a beaucoup aidé, elle a même fait des caps dont les bénéfices nous ont été reversés. Grâce à eux nous avons payé de nombreuses journées de naphta pour les véhicules et c’est un secteur qui n’est pas le nôtre. Ensuite, il y a des pistes qui organisent des événements, vendent des T-shirts. Une piste à Turin “Mini Speed” il y a des années nous avait acheté des vélos d’occasion et avait fabriqué une chemise avec la leur du circuit et la nôtre et un cœur. Severino Hospitality a organisé un apéritif-paddock en solidarité avec le Mugello et bien d’autres.
S’il n’y avait pas eu les réseaux sociaux, je n’aurais pas eu la force économique mais surtout psychologique. Les autorités sont très lentes à agir. Nous ne sommes pas la priorité mais juste une famille de trois ».
Vous vous êtes senti un peu abandonné par les institutions ?
« Je dis juste ceci, nous ne sommes pas un terrain de football. Il y a dix jours, ils ont nettoyé un terrain de football où la plus grande équipe qui s’entraîne est Roncadello, une fraction de Forlì. S’ils n’avaient pas eu ce terrain, ils auraient pu s’entraîner dans d’autres domaines ici, nous passons comme une installation pour un sport de peu de bien. Ils ne nous voient pas avec une réalité à sauver mais qui doit se sauver elle-même. Nous y parvenons grâce aux pompiers et aux autorités locales”.
Soyez témoin de l’avancée des travaux au quotidien grâce aux réseaux sociaux. Comment trouver l’envie et la force ?
“J’essaie de montrer ce que mon esprit peut rationaliser. Puis parfois je me défoule parce que des gens curieux n’arrêtent pas d’arriver, avec des machines impeccables, qui viennent perdre du temps à bloquer le travail, ils n’aident en rien et parfois je déferle vers eux”.
Comptez les jours en citant le pilote qui concourt avec ce nombre. Le 39e jour est Gram Day, en l’honneur de Gramigni. Comment vous souvenez-vous des numéros de course ?
« Nous commencions avec la saison estivale. Le temps s’est arrêté pour moi le 16 mai. Le 17 mai est juste une très longue journée pour moi où je dois suivre combien de fois le soleil se couche. Les premiers jours, il y avait un climat très lourd mais dès le premier jour, j’ai pensé que c’était le jour de Wayne Rainey, mon numéro un depuis qu’il était enfant. Puis aussi son histoire personnelle, le fait que malgré la tragédie qui l’a frappé à Misano, il n’a pas baissé les bras et a laissé les enfants courir à Motoamerica, de retour sur son 500. J’étais aussi très bon en mathématiques et les nombres des choses qui m’intéressent je les retiens. Peut-être que je ne me souviens pas des noms de mes ex ou de leurs anniversaires mais je me souviens des numéros de course, ils sont immédiats.
J’ai besoin de cette chose pour rationaliser et comprendre quel jour on est parce que je ne les compte pas sur le calendrier. Cela m’aide à comprendre combien de couchers de soleil se sont écoulés et me donne un élan incroyable. Pour moi, les pilotes sont des surhommes. Ils ont réussi ce dont je rêvais mais ont échoué.
S’ils nous donnent le gaz alors ils ont du feu à l’intérieur, du plus petit au plus grand, si je les ai vus avec un numéro sur la coque faire de belles choses ils sont gravés dans ma mémoire. C’est la passion, l’immense passion ».
Quand reviendrons-nous à la course à Galliano Park ?
Je ne sais pas, je n’ai aucune idée des horaires parce que jusqu’à ce que nous ayons dégagé la piste et que nous la roulions, je ne sais même pas si nous rouvrirons un jour et si j’aurai un travail parce que sept mètres d’eau avec toute la boue et les travaux. Si la piste a ensuite des bosses et doit être refaite, je devrai tout abandonner. Nous donnons vraiment tout et plus encore. C’est bien de le faire, que tu retournes t’entraîner et courir à Galliano Park ».
