Pénurie de pneus : une journée record de crevaisons au Rallye du Paraguay
Le premier jour du Rallye du Paraguay a offert le plus grand nombre de délaminations jamais observé, plongeant plusieurs équipes dans l’incertitude et transformant chaque spécialité en pari risqué.
Déclarations des pilotes et des directeurs
Julien Kankkunen, quadruple champion et désormais directeur adjoint de Toyota, a noté qu’il n’avait jamais vécu une telle succession d’incidents, rappelant même les conditions extrêmes du Safari Rally du Kenya.
Oliver Solberg, jeune prodige de la marque, a exprimé sa surprise face à la brutalité de la journée, soulignant que les attentes étaient limitées à une épreuve “facile” en raison du temps sec.
Elfyn Evans, leader du championnat, a confirmé ne pas avoir été étonné, mais il a souligné que la situation n’était jamais aussi critique, citant deux délaminations, dont une sur le pneu arrière droit en septième spécialité.
Stratégies face aux délaminations : le cas d’Elfyn Evans
Lors de la seconde crevaison, Evans a choisi de rester en course plutôt que d’interrompre son rythme, décision validée par son copilote Scott Martin après une courte discussion.
Le pilote a admis que la réflexion avait été difficile, mais la persévérance s’est avérée payante, justifiant son excuse auprès de Martin pour les doutes exprimés.
Analyse de M‑Sport et de Hyundai
Richard Millener, directeur de M‑Sport‑Ford, a attribué la recrudescence des problèmes aux conditions de terrain particulièrement abrasives, impossibles à reproduire en laboratoire, ainsi qu’à la chaleur et l’humidité record.
Adrien Fourmaux (Hyundai), victime de trois incidents, a comparé la situation à un jeu de casino, dénonçant la fragilité des pneus neufs sur un sol à la fois argileux et caillouteux.

Explications techniques de Hankook
Steven Cho, ingénieur chez Hankook, a indiqué que l’usure des pneus était largement supérieure aux prévisions, conséquence d’une argile très compacte et d’une température supérieure à l’an dernier.
Le pneu tendre introduit ce week‑end, déjà testé au Safari Rally, aurait atteint sa limite d’adhérence, entraînant des délaminations dès que la gomme était totalement érodée.
Selon Cho, les améliorations apportées aux pneus durs devraient permettre de mieux résister à l’abrasion, mais la clé reste la réduction de l’usure excessive constatée cet après‑midi.

Perspective sur les spéciales à venir
Les prévisions annoncent une intensification des précipitations pour le week‑end, rendant les spéciales en terre battue encore plus glissantes et susceptibles de multiplier les incidents.
Les équipes, déjà sur le qui‑vite, devront ajuster leurs stratégies de gestion des pneus, un facteur décisif pour rester compétitives sur un parcours qualifié d’impitoyable.
En dépit de la ténacité affichée, la capacité à préserver la bande de roulement restera le facteur déterminant du classement final.