Le Grand Prix de Grande‑Bretagne a ravivé le débat sur la possibilité d’interrompre une course par le drapeau rouge afin d’éviter qu’elle se termine derrière la voiture de sécurité.
Fin de course sous safety car : un point sensible
Lorsque la neutralisation survient dans les derniers tours, la ligne d’arrivée se fait souvent sous forme de procession, ce qui suscite des critiques de la part des amateurs de spectacle.
Le souvenir du Grand Prix d’Abu Dhabi 2021, où la direction a dérogé aux règles pour garantir un dernier tour en vert, alimente encore les réticences à toute manipulation du règlement.
Contourner la safety car grâce au drapeau rouge
Certains observateurs suggèrent qu’il serait plus simple de déclencher le drapeau rouge dès qu’une safety car menace le déroulement, puis de redémarrer la course par un départ arrêté.
Cette procédure, déjà prévue depuis plusieurs années, permettrait de créer un « sprint » de trois à cinq tours, à l’image des finales d’Azerbaïdjan 2021 ou d’Australie 2023.

Commentaires du paddock
Ayao Komatsu (directeur de Haas) a déclaré à Spa que, si le drapeau rouge avait été brandi à Silverstone, les pilotes auraient pu changer de pneus et disputer « trois ou quatre tours », plutôt que de finir derrière la safety car.
Il a ajouté que la procédure de réintégration des retardataires consomme souvent un ou deux tours supplémentaires, rendant le drapeau rouge plus efficace dans les dernières phases.
Gabriel Bortoleto (pilote Audi) rappelle que le drapeau rouge doit rester réservé aux accidents graves ou aux défaillances majeures des barrières, et non à de simples sorties de piste comme celle de Max Verstappen à Silverstone.
George Russell (GPDA) souligne le dilemme de justice sportive : un pilote en avance de 20 secondes pourrait perdre son avantage si un drapeau rouge était hissé à trois tours de la fin, alors que l’acceptation d’une telle décision serait plus plausible avec un quart de la distance restante.
Risque de dénaturer la sécurité
Le drapeau rouge, outil primordial de protection, ne devrait pas être détourné pour créer du spectacle ; son usage excessif pourrait entraîner une confusion réglementaire et aggraver les risques, comme le montre le cas de Melbourne 2023 où la décision a soulevé des interrogations sur la sécurité.
Intervenir uniquement pour ajouter quelques tours, alors que l’incident ne menace pas la sécurité du pilote ni des infrastructures, pourrait compromettre la légitimité du dispositif.
Justice et logique du règlement
La plupart des pilotes conviennent qu’une course comportant 70 tours, dont 60 sous drapeau vert, offre déjà suffisamment d’action. Ajouter une interruption artificielle pour « plus de spectacle » semble injustifié, surtout lorsque l’incident ne nécessite pas d’intervention majeure.
En définitive, la question se résume à savoir si l’on doit privilégier la pureté du règlement ou céder aux exigences d’une audience en quête de moments décisifs.
Le débat reste ouvert, mais chaque décision devra peser la sécurité et l’équité au même niveau que les attentes du public.