19 912 spectateurs ont rempli le stade pour la demi‑finale Maroc‑Cameroun de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, où les sifflets ont retenti et les tribunes ont vibré d’une ferveur inédite.
Une ambiance décuplée grâce aux supporters marocains
Mike Mubanga, journaliste spécialisé, a constaté que les supporters marocains ont rapidement fait du tournoi un spectacle d’envergure, créant une atmosphère « très belle ». Ce sentiment partagé a poussé des fans comme Selim Kedif, venu de Gennevilliers, à revêtir les couleurs vertes et blanches et à soutenir l’équipe féminine avec la même passion que pour ses prédécesseurs masculins.
De leur côté, les Camerounaises ont instauré après chaque victoire un défilé au garde‑à‑vous, rappel du chant de marche militaire « Zangaléwa », qui leur a valu le sobriquet de « Combattantes ».
Gestes techniques marquants et performances individuelles
Lors du quart de finale opposant l’Algérie au Malawi, la capitaine malawite Tabitha Chawinga a exécuté une bicyclette pour inscrire son troisième but du tournoi, un geste qui a illustré le niveau technique croissant du football féminin africain.
En phase finale, la gardienne camerounaise Michaely Bihina a été désignée deux fois consécutives joueuse du match, confirmant l’impact décisif des performances individuelles sur le résultat global.
Surprises tactiques et évolution du format
Le parcours inattendu du Malawi, mené par les sœurs Chawinga, a bouleversé les pronostics et accéléré la chute des Nigérianes, jadis favorites écrasées. Le nouveau format à 12‑16 équipes, instauré après le report du tournoi de mars à l’été, a offert davantage de matchs à rebondissements, même si le délai a été perçu comme un manque de respect envers le football féminin.
Cette réorganisation a simultanément mis en lumière la progression tactique des équipes, tout en soulignant les lacunes persistantes à corriger pour atteindre une compétitivité globale.
Vers une reconnaissance accrue du football féminin africain
« Le niveau de jeu s’est définitivement amélioré », réaffirme Mike Mubanga, ajoutant que les avancées techniques et tactiques sont visibles, même si le travail reste considérable. Fleetwood Haiya, président de la fédération du Malawi, a rappelé que « donner aux filles les moyens d’exprimer leur talent » est la clé d’un tournoi à la hauteur des ambitions des nations participantes.
Les réseaux sociaux ont amplifié la joie des joueuses, des algériennes célébrant leur qualification à la Coupe du monde aux Malawites chantant leurs airs traditionnels depuis les vestiaires, illustrant une dynamique nouvelle où chaque victoire se traduit en visibilité accrue.
Le prochain cycle de la CAN féminine devra capitaliser sur ces succès pour transformer ces moments de liesse en une base solide de développement durable.