McLaren accuse un retard de 0,15 seconde au tour sur Mercedes en vitesse de pointe, signe que le nouveau moteur 2026 n’est pas encore exploité à son plein potentiel.
Une puissance thermique‑électrique encore mal maîtrisée
L’an dernier champion du monde, l’écurie de Woking a vu son avantage s’éroder dès les premiers Grands Prix sous le nouveau règlement, où la répartition énergétique passe à 53 % thermique et 47 % électrique.
Neil Houldey, directeur technique, indique que le manque de ressources allouées à la collaboration avec Mercedes High Performance Powertrains (HPP) a limité la compréhension du logiciel de l’unité de puissance, entraînant une perte de performance significative.
« Nous aurions dû travailler davantage sur le logiciel avant les essais », explique‑t‑il, soulignant que la calibration spécifique de la monoplace reste inachevée, contrairement à l’équipe d’usine.
Le débat sur les rapports de boîte
McLaren a opté pour des rapports plus courts, favorisant l’accélération et les relances, mais Houldey admet que, si le projet était repensé, les rapports se rapprocheraient de ceux de Mercedes.
« Des rapports courts offrent un gain sur les départs, mais à haute vitesse nous perdrions face aux équipes qui utilisent des rapports plus longs », précise‑t‑il, ajoutant que les différences se chiffrent en millisecondes au tour.
Andrea Stella, président de McLaren, estime que le statut de client HPP constitue un désavantage supplémentaire, rendant la collecte de données de puissance plus lente.
Progression et objectifs à moyen terme
Après une première série de trois à quatre courses, les ingénieurs ont observé des améliorations, mais reconnaissent encore des étapes critiques à franchir avant la fin de la saison 2026 et surtout d’ici 2027.
L’objectif affiché est de gagner le « dernier dixième » de seconde potentiel que la nouvelle unité de puissance pourrait offrir, à condition de finaliser les calibrations logicielles et d’ajuster les rapports en fonction des données à venir.
Houldey ajoute que la prochaine évolution de l’unité de puissance pourrait également moduler la vitesse globale, tout en rappelant que la règlementation aérodynamique a délibérément réduit la charge downforce.
Perspectives pour la campagne 2027
En s’appuyant sur les leçons tirées de 2026, McLaren prévoit de revisiter les paramètres de boîte dès que les courbes de puissance définitives seront communiquées par HPP, même si cela n’arrivera qu’après leurs choix initiaux.
« Les millisecondes gagnées aujourd’hui seront décisives », conclut le directeur technique, laissant entendre que la bataille pour le souffle du nouveau moteur ne fait que commencer.