UEFA a maintenu jeudi son ultimatum de boycott des tournois organisés par la FIFA, intensifiant la pression sur Gianni Infantino à l’approche de l’élection prévue en mars 2027.
Un blocage européen malgré le retrait du projet
L’instance européenne, forte de ses 55 fédérations, a rappelé que la suppression du plan de privatisation n’a pas satisfait les exigences qu’elle avait formulées : aucune garantie de protéger le football d’éventuelles dérives commerciales.
« Nous avons perdu confiance dans la présidence d’Infantino, » a déclaré Aleksander Ceferin, précisant que l’UEFA attend des assurances concrètes avant de reconsidérer sa participation.
Parmi les soutiens clés, l’Association européenne des clubs (EFC) dirigée par Nasser al‑Khelaïfi (également à la tête du PSG) reste alignée avec Ceferin, tandis que plusieurs fédérations – Finlande, Serbie, Suède, Pays‑de‑Galles, Danemark – ont déjà annoncé leur opposition à la réélection d’Infantino. La Fédération anglaise aurait, selon la presse britannique, retiré son appui, ce qui pourrait déclencher un effet domino.
Concacaf et CAF : deux visions opposées
La Concacaf, représentant 35 nations d’Amérique du Nord et des Caraïbes, s’est jointe à l’UEFA pour dénoncer le manque de procédure autour du projet. Victor Montagliani, son président, a exigé une remise à plat totale de la gouvernance de la FIFA, décrivant les actions précédentes comme « hors de tout cadre, sans transparence ni consultation ».
En revanche, la Confédération africaine (CAF), forte de 54 membres, a réaffirmé son soutien unanime à Infantino, soulignant les programmes de solidarité qui ont versé environ 1,28 milliard de dollars depuis 2016. Patrice Motsepe, son président, a remercié le président de la FIFA pour son « appui constant au football africain ».
Une Asie fragmentée
L’Asie n’a pas présenté de position unifiée. L’AFC (46 fédérations) a critiqué le projet comme révélateur des faiblesses du processus décisionnel de la FIFA et a appelé à une révision urgente de la gouvernance.
Paradoxalement, plusieurs fédérations, dont le Qatar et la Mongolie, ont publié des communiqués de soutien quasiment identiques, louant à la fois le mérite du projet et la sagesse de son abandon. Le prince Ali ben Al‑Hussein, président de la fédération jordanienne, a attaqué Infantino de « chantage » via un message virulent sur X.
L’influence saoudienne reste indéterminée ; l’absence de prise de position officielle suit la démission de l’ancien président Yasser Al‑Misehal après le Mondial jugé décevant.
Conmebol et OFC : prudence et observation
La Conmebol, bien que traditionnellement alliée d’Infantino, a exprimé jeudi son inquiétude face aux « actions unilatérales répétées » de la FIFA, une nuance notable dans le discours de son président Alejandro Domínguez.
Au Brésil, le président de la fédération Samir Xaud s’est déclaré « un peu contre » le projet, soulignant que même les membres sud‑américains clés hésitent désormais.
L’OFC, représentant 11 fédérations du Pacifique, a simplement encouragé les membres à « étudier » le processus de consultation, sans commentaire additionnel depuis l’abandon du plan.
Implications pour l’élection 2027
Avec l’UEFA, la Concacaf et la Conmebol affichant des réserves, Infantino devra compter sur le soutien de la CAF et d’un nombre suffisant de fédérations asiatiques pour atteindre les 211 voix requises. La perte éventuelle du soutien anglais pourrait réduire considérablement son regroupement de votes.
Le jeu d’équilibre se complexifie davantage lorsque l’on considère les engagements financiers – le milliard de dollars de solidarité versés à la CAF – qui pourraient influencer les décisions des membres africains.
L’évolution de ces alliances laissera présager si la prochaine campagne électorale de la FIFA se tiendra dans une atmosphère de consensus ou de rupture.“