Les salariés et free‑lances de la FIFA, surnommés les « petites mains », ont confirmé que la polémique autour du projet de société commerciale a intensifié un malaise déjà présent lors de la Coupe du monde 2026.
Des équipes dispersées, un même ressentiment
Implantés dans des bureaux de plusieurs continents et mobilisés sur les sites de la compétition, ces techniciens assurent la logistique, la diffusion et le suivi des événements. Malgré la distance, ils partagent une inquiétude commune après la révélation, par le Times, d’un modèle économique jugé déroutant.
« On adore le football, c’est notre vie », confie un collaborateur revenu d’un déplacement aux États-Unis, tout en admettant que certaines séquences de la Coupe du monde ont pu « heurter le public », mais que la FIFA aurait limité les dégâts.
Le projet commercial, déclic d’une crise interne
Le lancement d’une société commerciale, présenté comme une diversification, a déclenché la « séquence de trop » selon de nombreux employés. Plusieurs d’entre eux déclarent que les décisions unilatérales de Gianni Infantino sont perçues comme une rupture du dialogue interne.
Un cadre, interrogé via un groupe WhatsApp, précise : « Nous n’avons plus notre mot à dire sur les décisions du quotidien, on doit simplement exécuter ». Cette perte d’autonomie alimente le désir d’un nouveau modèle de gouvernance.
Un président dont les décisions cristallisent le rejet
Les témoignages convergent sur le caractère controversé de la gestion d’Infantino, notamment son déplacement en jet privé pendant la Coupe et son train de vie qualifié de « digne d’un milliardaire ». Ces éléments alimentent la perception d’une FIFA orientée avant tout vers le profit.
Lors d’une réunion interne, la démission de Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, a suscité de vives discussions, tandis que les prises de parole de Kevin Lamour, numéro trois de l’organisation, ont été accueillies favorablement par le personnel.
Appels à une refonte de la gouvernance
Face à ce climat, plusieurs salariés exigent une révision rapide des structures décisionnelles, avant le prochain grand congrès prévu à Rabat en mars 2027. Ils réclament :
- Une transparence accrue sur les projets commerciaux.
- Un moyen de consultation effectif pour les équipes opérationnelles.
- La mise en place d’un comité représentant les salariés au niveau exécutif.
Perspectives avant le congrès de Rabat 2027
Alors que le calendrier présidentiel reste incertain, le personnel de la FIFA se prépare à un débat ouvert sur la durée du mandat d’Infantino. Aucun délai précis n’a été indiqué, mais la pression interne semble croître à mesure que la date du congrès approche.
Le poids combiné des témoignages suggère qu’une transformation de la culture interne pourrait devenir le véritable enjeu de la FIFA, bien avant le prochain grand événement sportif planifié.