Infantino voit son autorité vaciller après le projet d’ouverture du Mondial aux investisseurs privés
Deux semaines après la célébration d’une Coupe du monde record — 15 milliards de dollars de recettes, 6,6 millions de spectateurs en stade et des pics d’audience télévisée — Gianni Infantino se retrouve contesté au sein même de la FIFA.
Le projet controversé qui a déclenché la crise
Annonce mardi, l’initiative d’Infantino visait à autoriser des partenaires privés à financer les futures éditions du Mondial, un axe considéré comme inacceptable par une grande partie des membres du football mondial.
En à peine 48 heures, le soutien tacite qui avait porté l’Italo‑Suisse depuis 2016 s’est effondré, le faisant chuter du piédestal qu’il avait construit pendant une décennie.
Les critiques des hauts fonctionnaires du sport
Michael Payne, ancien responsable marketing du CIO, a déclaré à l’AFP : « Jamais nous n’avions vu une chute aussi rapide d’un dirigeant sportif ». Il a ajouté que la perte de légitimité d’Infantino risquait d’engendrer une véritable guerre civile au sein du football.
Terrence Burns, stratège marketing ayant accompagné deux dossiers de candidature à la Coupe du monde, estime que la position d’Infantino est « précaire, mais pas irrémédiable ». Il souligne que l’UEFA a brandi une menace de boycott unitaire, mais rappelle que chaque fédération conserve son droit de vote.
Le rôle pivot de l’Afrique et de l’Océanie
Selon Burns, les confédérations africaines et océaniques, généralement moins critiques envers le mandat d’Infantino, pourraient faire pencher la balance en faveur d’un vote de confiance ou d’une motion de censurer.
Leur soutien serait crucial, d’autant que le projet d’élargissement à 64 équipes, encore en cours d’évaluation, dépendait d’une large majorité des 211 membres.
Scénario électoral 2027 : qui pourrait succéder à Infantino ?
Des médias britanniques évoquent la possible candidature de Victor Montagliani, vice‑président de la FIFA et président de la CONCACAF, qui compterait sur le soutien de l’UEFA pour lancer un défi à la prochaine élection prévue en 2027.
Le calendrier impose une date limite de dépôt des candidatures au 18 novembre, laissant peu de temps aux autres prétendants à se positionner.
Conséquences d’un éventuel boycott du Mondial
Si l’UEFA, la CONCACAF et d’autres confédérations décident d’un boycott, les répercussions financières et médiatiques pourraient rivaliser avec celles du tournoi de 2022, menaçant la stabilité économique de la FIFA.
Une telle décision forcerait l’organe dirigeant à réévaluer sa gouvernance, à l’image des appels à une « mise à plat complète » lancés par les deux grandes confédérations.
Le tableau de bord de la FIFA reste ouvert, et la prochaine échéance électorale déterminera le sort du dirigeant qui, hier encore, contrôlait le plus grand spectacle sportif mondial.