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Tour de France Femmes : le vélo coopératif de Ma Petite Entreprise séduit

AFP

Ma Petite Entreprise arbore le maillot à pois du meilleur grimpeur lors du passage entre Aigle et Genève, une distinction rare pour une formation sans sponsor titre.

Financement participatif et modèle économique

Le budget de l’écurie savoyarde s’élève à 1,5 million d’euros, entièrement levé grâce à une plateforme de crowdfunding dédiée aux TPE et PME françaises.

Cinq paliers d’adhésion, de 750 à 15 000 €, permettent aux entreprises de soutenir le projet, tandis que deux niveaux « particuliers » – 120 € et 360 € – ouvrent la porte aux supporters.

Plus de 600 contributeurs ont déjà investi, l’objectif affiché étant de franchir la barre des 1 000 adhérents avant l’étape finale du Tour à Nice.

Origines et acteurs clés

Émergeant d’une idée née lors des campagnes “+l’artisanat, premier employeur de France+”, le concept a été concrétisé il y a deux ans par Emeric Ducruet, propriétaire de deux boulangeries et d’une société informatique.

Ducruet, passionné de vélo, s’est allié à Michaël Amand, directeur d’une agence de communication, avant de convaincre Vincent Lavenu, ancien manager de la formation AG2R, d’apporter son expertise stratégique.

Le directeur sportif Damien Vaucheron supervise le recrutement, qui s’est fait via une commission spécialisée afin d’attirer des coureuses capables de rivaliser dès les premières étapes.

Impact sur le Tour de France

L’exposition offerte par le passage du maillot à pois a immédiatement porté ses fruits : vingt nouveaux adhérents ont rejoint l’équipe dès la soirée du jour suivant la première étape à Lausanne.

Malgré un motorhome modeste comparé aux bus luxueux des grandes écuries, les athlètes de Ma Petite Entreprise n’hésitent pas à attaquer, Océana Mahé s’illustrant en s’emparant du premier maillot à pois de meilleure grimpeuse.

Ce succès à la surface du paddock reflète l’efficacité d’un modèle économique inédit dans le peloton professionnel, où la solidarité prime sur le parrainage exclusif.

Perspectives et objectifs

Pour l’instant, les dirigeantes fonctionnent sur la base du bénévolat, les salaries des coureuses dépassant légèrement le SMIC afin de garantir une stabilité minimale.

Vincent Lavenu envisage, après le développement de la formation féminine, la création d’une équipe masculine, conditionnée à la solidité financière du collectif.

Avec plus de six mois de course devant elle, la structure mise sur la croissance continue de son réseau de partenaires, tout en conservant une éthique qui refuse toute dilution du principe coopératif.

Le maillot à pois, désormais symbole d’une ambition partagée, montre que le modèle participatif peut rivaliser avec les budgets traditionnels du cyclisme professionnel.

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